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14 octobre 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Libéré, Josip Jovic a plaidé non coupable à La Haye


Josip Jovic, détenu à la prison de Split depuis une semaine, a été remis en liberté le 13 octobre 2005. Le journaliste croate a quitté Split le 14 au matin pour se rendre aux Pays-Bas, ayant finalement accepté de se présenter devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, à La Haye, qui l'accuse d'outrage à la cour. Josip Jovic a été entendu lors d'une première audience et a plaidé non coupable. Il a été autorisé à regagner la Croatie, en attendant le début de son procès. ------------------------------------------------------------- 7 octobre 2005 Un journaliste arrêté chez lui à la demande du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie « Nous déplorons cette arrestation soudaine de Josip Jovic par la justice croate, à la suite d'un mandat d'arrêt du TPIY, qui paraît disproportionnée par rapport à ce qui lui est reproché, et qui constitue un dangereux précédent. Compte tenu du mandat du tribunal de La Haye, dont la mission consiste à juger les crimes internationaux les plus graves, il est surprenant qu'une de ses décisions débouche sur l'arrestation d'un journaliste qui, s'il est vrai qu'il n'a pas respecté la loi, n'a pas pour autant commis de crime de sang. Il en est de même pour les quatre autres journalistes croates également accusés d'outrage à la cour. Considérant que le journaliste ne représente pas un danger pour la Croatie et le TPIY, Reporters sans frontières demande la libération sous caution de Josip Jovic », a déclaré Reporters sans frontières. Josip Jovic, rédacteur en chef du quotidien Slobodna Dalmacija, a été arrêté le 6 octobre 2005, vers 17h, alors qu'il donnait une interview à son domicile de Split. Le cameraman présent a filmé l'arrestation de son confrère et les images ont été diffusées à la télévision croate le soir même. Josip Jovic a été conduit en détention provisoire à la prison de Split, en attente de son extradition vers La Haye, ce qui peut prendre plusieurs semaines car le journaliste compte faire appel auprès de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême de Croatie. L'arrestation fait suite à la délivrance d'un mandat d'arrêt du TPIY (Tribunal pénal international pour les crimes de guerre en ex - Yougoslavie), signé par un juge du tribunal de Split le 6 octobre. Le 26 septembre, Josip Jovic ne s'était pas présenté devant les juges de La Haye, contrairement à son collègue Marijan Krizic, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Hrvatsko Slovo, qui s'était rendu à la convocation du TPIY. Ce dernier est ressorti libre de cette audience. Les deux journalistes sont accusés d'outrage à la cour, ainsi que Ivica Marijacic, rédacteur en chef de Hrvatski List, Stjepan Seselj, rédacteur en chef de Hrvatsko Slovo, et Domagoj Margetic, rédacteur en chef de Novo Hrvatsko Slovo, pour avoir révélé l'identité d'un témoin protégé, l'actuel président croate Stipe Mesic, lors du procès de Tihomir Blaskic qui s'est déroulé en 1997. Ils risquent une peine allant jusqu'à sept ans de prison et 100 000 euros d'amende. Le procès de Ivica Marijacic, Stjepan Seselj, et Domagoj Margetic qui avaient publié en novembre 2004, dans leurs journaux l'identité de Stipe Mesic, est prévu à la fin du mois d'octobre. Ces informations confidentielles avaient été publiées auparavant sur le site Internet du Centre de collecte d'information Véritas (www.veritas.org.yu) en 1999, et par le quotidien bosniaque Bih Dani, le 1er juin 2001. « Je suis solidaire de mon confrère et je préfère aller en prison plutôt que de plaider coupable devant le TPIY », a déclaré le journaliste Domagoj Margetic à Reporters sans frontières. La procureure du TPIY, Carla Del Ponte , s'est prononcée le 4 octobre en faveur des pourparlers d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne, estimant que Zagreb coopérait pleinement avec le TPIY. Elle avait émis un avis défavorable en mars dernier, reprochant aux autorités croates leur peu d'empressement à arrêter le général en fuite Ante Govina, inculpé en 2001 par les magistrats de La Haye.