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2 août 2017

L’exécution en 2015 du Syrien Bassel Khartabil confirmée

photo partagée par Noura Ghazi en 2014 pour demander la libération de Bassel
Reporters sans frontières (RSF) a appris, le 1er août, la confirmation de l’exécution, en 2015, de l’activiste et développeur de logiciels Bassel Khartabil Safadi, détenu par le régime de Bachar al Assad.

Mardi 1er août, Noura Ghazi Safadi, la femme de Bassel Khartabil Safadi a confirmé la mort de son mari, exécuté quelques jours après sa disparition en 2015. Il avait 34 ans.


Bassel Khartabil était un développeur de logiciels et défenseur de la culture open source qui tentait de promouvoir l’accès libre à l'information via Internet en Syrie. Il avait été arrêté par les renseignements militaires, le 15 mars 2012, à Damas, selon toute vraisemblance pour ses activités. Depuis le 3 octobre 2015, date à laquelle il avait été transféré dans un lieu inconnu, on était sans nouvelles de lui.


“Nous présentons nos condoléances à la famille de Bassel Khartabil, déclare RSF. A plusieurs reprises, nous avions demandé sa libération. Face à ce nouveau crime odieux, nous réitérons notre demande au Conseil de sécurité de l’ONU de saisir la Cour pénale internationale (CPI) des crimes commis contre les journalistes en Syrie.”


Grâce à des sources au sein des renseignements syriens, la femme de Bassel, avocate et activiste, avait déjà déclaré dans les médias qu’elle soupçonnait qu’un tribunal militaire avait condamné son mari à mort. Human Rights Watch rappelle que “les tribunaux militaires en Syrie sont des tribunaux d'exception dont les procès secrets tenus à huis clos ne répondent pas aux normes internationales relatives aux procès équitables.”


Bassel Khartabil avait fondé à Damas le Aiki Lab en 2010, pour développer les pratiques artistiques numériques et l’enseignement des technologies collaboratives. Il avait également participé à des projets au niveau mondial comme Mozilla Firefox, Wikipédia pour leur version arabe ou Creative Commons pour sa branche syrienne.


On lui doit également d’avoir rendu possible le projet « New Palmyra », un site qui permet de télécharger une version 3D de la ville de Palmyre, telle qu’elle était avant sa destruction par les djihadistes du groupe État islamique. Il figure au classement des Global Thinkers 2012 du site Foreign Policy, et a remporté le Digital Freedom Award de l’Index on Censorship de 2013.


La Syrie occupe la position 177 sur 180 au Classement mondial de la liberté de presse 201 établi par RSF.