Actualités

19 octobre 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

L’Etat vénézuélien s’acharne sur Globovisión, chaîne privée condamnée à une amende de plus de 2 millions de dollars


Le 18 octobre, le président de la Commission nationale des télécommunications (Conatel), Pedro Maldonado (photo), a condamné la chaîne de télévision privée, Globovisión, à une amende de 9,3 millions bolivares (soit 2,162 millions de dollars), pour sa couverture des mutineries survenues dans les prisons El Rodeo I et II, près de Caracas, en juin dernier. “Cette somme astronomique n’est qu’un prétexte pour que Globovisión, chaîne privée déjà victime de plusieurs suspensions et menaces de fermeture dans la passé, ferme ses locaux et cesse ses activités une bonne fois pour toute'', a déclaré Reporters sans frontières. La décision de la Conatel porte une atteinte directe à la liberté d’information et met à mal le pluralisme des médias, déjà bien entamé au Venezuela. L’amende fixée par la Conatel correspond à 7,5% des revenus bruts de la chaîne enregistrés en 2010. “Nous sanctionnons le comportement éditorial et la façon dont l’information a été traitée,'' a précisé Pedro Maldonado. Il a déclaré que cette amende n’impliquait pas la suspension du média. La Conatel a donné à Globovisión jusqu’au 31 décembre pour s’acquitter de son amende. En juin dernier, plusieurs mutineries ont eu lieu dans les prisons El Rodeo I et II, mettant à jour les faiblesses du système pénitencier vénézuélien (insalubrité, surpeuplement et violences). Globovisión, seule chaîne de l’opposition encore habilitée par le gouvernement, a été accusée d’avoir fait “l’apologie du délit'' et provoqué des “troubles à l’ordre public'' lors de sa couverture des incidents. Ces accusations s’appuient sur les articles 27 et 29 de la Loi de Responsabilité Sociale de la Radio, Télévision et Médias électroniques autorisant la suspension d’un média pour de tels motifs. Maria Fernanda Flores, vice-président exécutif de la chaîne, a déclaré que Globovisión “fera son possible pour trouver l’argent, payer l’amende et continuer d’émettre”. Elle considère néanmoins que l’amende est “impossible à payer” et entraînerait “la faillite économique de la chaîne”.
Flores: "impagable" esla multa contra Globovisión par Globovision Elle a déclaré que Globovisión allait faire appel devant l’instance supérieure.