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20 août 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

L’État islamique a mis en place “une industrie sanglante des otages”


Reporters sans frontières est horrifiée par la nouvelle de la décapitation du journaliste américain, James Foley, par l’État islamique en Irak et au Levant (ISIS), le 19 août 2014.
La vidéo montre un individu masqué, habillé de noir, tranchant la gorge d’un homme revêtu d’une tenue orange, qui rappelle celle des prisonniers de Guantanamo. Par ce sinistre biais, le groupe jihadiste Etat islamique (ISIS) revendique l’exécution du journaliste américain James Foley, en expliquant vouloir se venger des frappes américaines sur les positions de l’Etat islamique en Irak. La Maison Blanche a indiqué que les services de renseignement américains étaient à l'oeuvre pour vérifier "aussi rapidement que possible" l'authenticité de cette vidéo. Dans cette même vidéo, ISIS menace d’exécuter Steven Sotloff, un autre journaliste américain enlevé en Syrie début août 2013, si le président américain Barack Obama ne met pas fin aux frappes aériennes américaines en Irak. “Si l’authenticité de la vidéo de revendication de l’assassinat de James Foley est confirmée, il apparaît que l’Etat islamique pousse à l’extrême son industrie sanglante des otages, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. James Foley ne travaillait pas pour le gouvernement américain, il était un grand reporter expérimenté qui portait seulement l’intérêt de l’information et non pas celui de sa nationalité. Nous exprimons nos sincères condoléances à sa famille, son père, sa mère, que nous connaissons, et ses amis. Nous saluons la mémoire de James qui s’était engagé à nos côtés pour soutenir la famille de l’un de ses amis, un photographe tué en Libye.” James Foley, reporter expérimenté de 40 ans, avait été enlevé le 22 novembre 2012 dans le nord de la Syrie, près de la ville de Taftanaz. Il avait couvert le conflit en Libye en 2011, avant de couvrir le soulèvement populaire syrien contre Bachar Al-Assad pour le site d'informations américain GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres médias. Il est le premier journaliste étranger dont ISIS revendique l'exécution. Le groupe a également assassiné des citoyens-journalistes syriens au cours des derniers mois. Dans une interview en janvier 2013, la mère de James Foley, Diane, soulignait combien son fils était passionné par couvrir les événements en Syrie, passionné par les gens dans ce pays. Sur la page Facebook de soutien pour la libération de son fils, elle écrit : “il a donné sa vie pour montrer au monde les souffrances du peuple syrien”. Reporters sans frontières rappelle que trois journalistes étrangers sont toujours otages en Syrie, tandis qu’on reste sans nouvelles de quatre autres. Une vingtaine de reporters (professionnels et non-professionnels) syriens sont retenus par des groupes armés. Plus de trente acteurs syriens de l’information sont toujours détenus par les autorités syriennes malgré l’amnistie annoncée en juin dernier par le régime de Bachar Al-Assad. Depuis le début du conflit en mars 2011, 39 journalistes ont été tués en Syrie dans le cadre de leurs fonctions, dont douze étrangers. 122 citoyens-journalistes syriens ont également été tués.