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12 mai 2016

Les réseaux sociaux, des outils d’information bloqués en Ouganda

Yoweri Museveni le 21 février 2016 - ISAAC KASAMANI / AFP
A la veille de la cérémonie d’investiture du président ougandais Yoweri Museveni, tous les réseaux sociaux ont été bloqués. Une censure intolérable de l'information pour Reporters sans frontières (RSF) qui demande aux autorités de rétablir ces outils essentiels à la liberté d’information.

Depuis l’après midi du 11 mai 2016, les citoyens ougandais ont des difficultés à accéder à Facebook, Twitter et WhatsApp, trois réseaux sociaux régulièrement utilisés par les journalistes du pays pour communiquer des informations en temps réel. Ce trouble a débuté une vingtaine de minutes seulement après la publication en ligne d’une vidéo du principal opposant, Kizza Besigye, qui a toujours refusé les résultats du scrutin de février, en train de prêter le serment présidentiel.

Les autorités ont avancé des motifs liés à la sécurité nationale, sans plus de précisions, pour justifier le blocage des réseaux sociaux.

“Cette coupure des réseaux sociaux est une atteinte intolérable à la liberté de l’information des citoyens ougandais, déclare Reporters sans frontières. Nous demandons aux autorités ougandaises de mettre un terme à cette acte de censure qui bafoue les normes juridiques ougandaises et internationales.”


Alors que Kizza Besigye défilait au milieu de ses supporters à Kampala, défiant son assignation à résidence, la police a tenté de disperser la manifestation, et roué de coups une journaliste du Daily Monitor. Le Réseau des droits de l'Homme pour les journalistes parle d'un autre journaliste de Channel 44 blessé par une balle en caoutchouc à la jambe et de la brève arrestation de deux journalistes de Salt FM et Delta TV. Les autorités avaient déjà coupé les réseaux sociaux lors de l’élection du 18 février dernier et ont récemment interdit aux médias de couvrir les activités de l’opposition sous peine de fermeture.


L’Ouganda est classé 102ème sur 180 pays au Classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2016. Le pays a perdu cinq places par rapport à l’année précédente et la situation continue à se dégrader.