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7 juin 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Les forces de sécurité israéliennes interdisent la diffusion du programme “Bonjour Jérusalem”


Vers 10h15 (heure locale) le 6 juin 2014, les forces de sécurité israéliennes ont pris d’assaut le siège de Palmedia situé à Jérusalem-Est (Jabal Zeitoun), qui abrite notamment le bureau de la chaîne de télévision de l’Autorité palestienne Palestine TV ainsi que les studios d’enregistrement du programme hebdomadaire “Bonjour Jerusalem”, diffusé en direct, tous les vendredis, sur Palestine TV. Nader Beibars, producteur du programme “Bonjour Jérusalem”, et Ashraf Al-Showeiki, cameraman pour Palmedia, ont été interrogés avant d’être libérés une heure et demi plus tard. Reporters sans frontières ne peut que s’indigner face à de telles pratiques arbitraires et illégales. “Cette perquisition et l'interdiction de diffusion de ce programme viennent allonger la liste des violations commises par les forces de sécurité israéliennes à l’encontre des médias et professionnels de l’information palestiniens : menaces, arrestations et opérations militaires restent fréquentes”, déclare Reporters sans frontières. “Après le cas d’Al-Wattan TV menacée par l’armée israélienne d’un nouveau raid sous prétexte que la chaîne aurait obtenu illégalement sa nouvelle fréquence, les autorités israéliennes continuent leur surenchère répressive contre les médias et journalistes palestiniens”, ajoute l’organisation. Cette descente de police s’est soldée par l’arrêt de la transmission du très populaire programme “Bonjour Jérusalem”. Sa présentatrice May Abu Assab déclare avoir reçu l’ordre, sous la menace, d’interrompre la présentation de son émission, consacrée ce jour-là à la grève de la faim entamée le 24 avril dernier par plus d’une centaine de détenus administratifs palestiniens pour réclamer leur libération. A ce propos la porte-parole de la police israélienne déclare quant à elle que “les transmissions de la télévision n'ont pas été interrompues et que l'enquête se poursuit". La porte-parole de la chaîne, Luba Samri, a déclaré à l’Agence France-Presse que “cette perquisition intervenait dans le cadre d’une enquête menée par les autorités israéliennes sur le contenu des programmes de la chaîne”. La police israélienne a quant à elle déclaré que Palestine TV ne disposait pas des autorisations nécessaires pour émettre. D’après la radio publique israélienne, la police israélienne soupçonnerait Palestine TV d’avoir diffusé des incitations à la violence et au terrorisme. Cette opération des forces de sécurité israéliennes intervient dans un contexte tendu, au lendemain de plusieurs rassemblements dans les villes palestiniennes organisés en commémoration de la “Naksa”, terme utilisé par les Palestiniens pour évoquer la victoire israélienne durant la guerre de Six Jours de 1967.