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28 janvier 2020

L’Egypte sur le point d’inclure les médias dans sa liste des entités terroristes

Le Parlement égyptien débat actuellement de la modification d’une loi pour y inclure la presse et les médias dans la liste des entités terroristes. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cet amendement qui aggraverait la situation déjà fragile de la liberté de la presse en Egypte.

Lundi 27 janvier, la Commission des affaires législatives et constitutionnelles du Parlement égyptien a approuvé un projet de loi qui vise à allonger la liste des entités considérées comme terroristes pour y inclure désormais la presse et les médias.


Le nouvel amendement vise explicitement les journalistes. Il vient compléter la loi n°8 de 2015 qui définit les “associations, organisations ou groupes” comme des “entités terroristes”.


S’il est adopté, l’amendement viendrait alors ajouter à cette liste les “canaux de transmission audiovisuels ou papier, ainsi que les stations de radio et les médias présents sur les réseaux sociaux” , diffusés “de l'intérieur ou de l'extérieur du pays, avec pour objectif de nuire à des individus, les terroriser ou à mettre en danger leur vie, leurs libertés, leurs droits ou leur sécurité”. 


Cet amendement est extrêmement préoccupant car il assimile les médias à des organisations terroristes, dénonce Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). Alors que les autorités égyptiennes étouffent la presse depuis des années en brandissant la menace terroriste, elles s’apprêtent désormais à inscrire cet état de fait dans la loi.


Selon des informations recueillies par RSF, l’amendement pourrait être adopté définitivement et mis en application après l’approbation de la chambre des représentants.


La grande majorité des journalistes détenus actuellement dans les prisons égyptiennes sont accusés de “diffusion de fausses nouvelles” et “appartenance à un groupe terroriste”. Cet amendement vient renforcer l’arsenal anti-terroriste égyptien qui avait été modifié en 2015 pour permettre la condamnation des journalistes à de lourdes peines. 


En 2019, l’Egypte occupe la 163e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.