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7 mai 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le régime de Téhéran veut couper l’Iran du reste du monde pour organiser une élection à huis clos


Reporters sans frontières dénonce le renforcement du système de filtrage et les coupures de connexion sur Internet en Iran. Depuis le 4 mai 2013, les principaux logiciels de contournement de la censure, VPN (Kerio و open VPN) sont bloqués, rendant l’accès à un Internet non filtré extrêmement difficile. A ce blocage s’ajoutent les arrestations des net-citoyens, comme en témoigne l'arrestation, le 4 mai 2013, d'Ali Ghazali, directeur du site d'informations Baztab Emrooz. "La République islamique est signataire de plusieurs conventions internationales, membre de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de l’UNESCO, de l’UNCTAD (la Conférence des Nations unies sur le Commerce et Développement) et l’un des pays plus actifs au sein du WSIS (Sommet mondial sur la société de l’information) dont le forum international se tiendra du 13 au 17 mai 2013 à Genève. Comment tous les Etats parties à ces conventions, l’Iran se doit respecter ses engagements internationaux, notamment en ce qui concerne le libre accès au réseau Internet. Les dirigeants du régime doivent cesser ce double discours qui consiste d’un côté à prendre des engagements envers la commnauté internationale sur la libre circulation de l'information et de l’autre à imposer une véritable apartheid numérique au peuple iranien", a déclaré Reporters sans frontières. "À la vieille du dépôt des candidatures pour l'élection présidentielle du 14 juin prochain, le régime ne se contente plus d’exercer un contrôle quotidien sur l’intégralité des journaux publiés dans le pays, de brouiller régulièrement les chaînes diffusées par satellite vers l’Iran et de bloquer des milliers des pages sur Internet. Il entend désormais couper le réseau Internet et priver les internautes d’une source d’information essentielle. L’isolement médiatique dans lequel le régime cherche à plonger le pays est loin de rassembler les conditions nécessaires pour la tenue d’éléctions libres et démocratiques. " Depuis le 29 avril 2013, le site d’informations Baztab Emrooz (www.baztab.net/) est inaccessible, et ce pour la cinquième fois en trois ans. La veille, ce site, connu pour ses critiques contre le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, avait publié un article indiquant que "Mahmoud Ahmadinejad aurait en sa possession un enregistrement dans lequel un haut responsable du régime l'informe, au lendemain de l’élection du 22 juin 2009, du trucage du scrutin, et avec le gonflé du nombre des votes en sa faveur de 16 à 24 millions." Le site ajoutait : "si cet enregistrement existe bel et bien, le président de la République a la possibilité de menacer le camp d'Ali Khamenei et de faire pression sur le Conseil des Gardiens de la constitution, pour faire accepter la candidature de son dauphin Esfandiar Rahim Mashai”. Suite à la publication de cet article, le site de la présidence a publié un démenti et demandé que le site Baztab Emrooz soit poursuivi. A ce jour, le site est toujours inaccessible. Le 4 mai 2013, le directeur de publication de Baztab Emrooz, Ali Ghazali , a été arrêté sur ordre du procureur de Téhéran pour "publication de fausses informations en vue de troubler l'opinion publique" et placé en détention à la prison d'Evin. En outre, Reporters sans frontières condamne fermement les graves violations des droits des prisonniers d'opinions par la République islamique d’Iran. Le 21 avril 2013, dix prisonniers du dortoir 350 de la prison d’Evin, dont les journalistes Said Madani, Siamak Ghadery et Abolfazal Abedini Nasar, ont été placés à l’isolement dans la section sécuritaire 240 et privés de tous leurs droits. Ces prisonniers sont accusés d’avoir protesté contre l’interférence du directeur adjoint de la prison, Javad Momeni, dans la gestion interne des dortoirs. Ce fonctionnaire, connu pour ces exactions contre les prisonniers, a en effet voulu imposer aux détenus de changer Said Madani comme délégué afin de les représenter. Le journaliste avait en effet critiqué à plusieurs reprises les abus concernant le prix et la qualité des marchandises vendues aux détenus au sein de la prison d’Évin, ainsi que la complicité des autorités pénitentiaires dans ce trafic qui s’opére dans les murs de la prison.