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3 janvier 2020

Le rallye Dakar ne doit pas servir la propagande de l’Arabie saoudite

Source Facebook Dakar rally 2020
Alors que le rallye Dakar 2020 s’apprête à se lancer dimanche 5 janvier au départ de Jeddah en Arabie Saoudite, Reporters sans frontières (RSF) demande aux journalistes, organisateurs et coureurs de ne pas être les acteurs d’une opération de propagande du régime et de ne pas occulter l’autre réalité moins reluisante de l’Arabie saoudite.

Le rallye Dakar 2020 se déroulera pour la première fois entièrement en Arabie Saoudite. Pour les dirigeants de ce pays, cet événement médiatique prestigieux constitue une occasion inédite de tenter de redorer leur image et de faire oublier les violations des droits de l’Homme, notamment la répression systémique de la liberté de la presse.

 

De leur côté, les coureurs, organisateurs et journalistes du rallye raid Dakar vont d'abord découvrir la beauté du désert et les merveilles architecturales du Royaume. 

RSF demande instamment aux protagonistes du Dakar de ne pas se laisser abuser par l'opération de propagande menée par le régime saoudien à l'occasion de leur passage. Les participants au rallye ne doivent pas oublier, ni faire oublier, le caractère terrible du régime saoudien : répression politique, sociale et culturelle, contrôle des médias, incarcérations de journalistes. Entre autres.…

 

Les caméras montreront les beautés incontestables du désert saoudien, mais ne sauraient occulter les réalités plus terribles du pays, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. RSF demande aux journalistes, auxquels le rallye donnera une occasion unique de traverser ce vaste pays, d'ordinaire assez difficile d'accès, de couvrir la course sans oublier qu’il s’agit aussi d’une opération séduction.”

 

Malgré un discours d'ouverture et l’affichage de certaines  réformes , le régime s'est durci depuis l'accession au pouvoir en 2017 du prince héritier Mohammed ben Salmane. Les opposants politiques de tous bords et de tous milieux sont surveillés et persécutés avec une violence inédite.

 

En deux ans, le nombre de journalistes et de journalistes-citoyens incarcérés a triplé. La plupart sont en détention arbitraire. Le code pénal ainsi que les lois réprimant le terrorisme et la cybercriminalité, permettent d’envoyer en prison ou de suspendre un journaliste pour blasphème, insulte à la religion, incitation au chaos, mise en péril de l’unité nationale ou encore atteinte à l’image et la réputation du roi et de l’État…

 

Inutile de rappeler le sort de Jamal Khashoggi journaliste saoudien célèbre pour son opposition au régime, qui fut assassiné en octobre 2018 à l'intérieur même du consulat saoudien d'Istanbul, en Turquie et dont le corps fut démembré, afin d’être évacué plus facilement. 

 

L’Arabie saoudite se situe à la 172e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2019.