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29 octobre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le président demande la libération de Hassan Bility


Reporters sans frontières se félicite de la décision prise par le président Charles Taylor le 28 octobre 2002, demandant la libération de Hassan Bility détenu au secret depuis plusieurs mois, mais s'inquiète des conditions de sa remise en liberté. « Libérer un journaliste tout en l'empêchant d'exercer librement son métier, sous peine d'arrestation, n'est rien moins qu'une forme de censure », a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, dans un courrier adressé à Charles Taylor, président du Liberia. L'organisation a demandé au chef de l'Etat de procéder à la libération sans conditions de Hassan Bility, et de ne pas mettre un frein à son travail en le menaçant d'autres arrestations. Le 28 octobre, le président Charles Taylor a déclaré qu'Hassan Bility et d'autres détenus allaient être libérés, à condition qu'ils s'engagent à respecter « un accord les prévenant qu'ils seraient à nouveau incarcérés en cas de violations », omettant de préciser de quel type de violation il s'agit. Charles Taylor a ajouté qu'« il ne s'agit pas d'une libération totale mais d'une forme de répit ». Aucune date n'a été fixée pour la libération du journaliste. Hassan Bility, rédacteur en chef de l'hebdomadaire privé The Analyst, connu pour son ton très critique envers le Président, avait été interpellé le 24 juin 2002 par des agents de la sécurité, qui l'accusaient de collaboration avec les rebelles du Liberians United for Reconciliation and Democracy (LURD) basés dans le nord du pays. Incarcéré sans inculpation et dans un lieu tenu secret, il était considéré comme un « prisonnier de guerre » et devait être jugé par un tribunal militaire. La décision du Président intervient alors que la communauté internationale a multiplié les appels pour obtenir des nouvelles du journaliste et pour que celui-ci soit présenté à la justice, conformément à la loi en vigueur.