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16 février 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le président de Journaliste en danger (JED) convoqué par les services spéciaux de la police


Reporters sans frontières est effarée par la convocation de Donat M'Baya Tshimanga, président de Journaliste en danger (JED), au siège de la Direction des renseignements généraux et services spéciaux (DRGS), au surlendemain de la publication d'un rapport d'enquête sur l'assassinat du journaliste Franck Ngyke et de son épouse. « Après la parution d'une enquête sur l'assassinat d'un confrère, il est scandaleux de voir Donat M'Baya Tshimanga aujourd'hui traité comme un suspect, a déclaré Reporters sans frontières. Etant donné le lourd climat politique qui règne aujourd'hui à Kinshasa, la convocation, une veille de week-end, au siège des services spéciaux de la police, si elle n'est pas une faute politique lourde, ressemble à une menace. Le président de JED est prêt à répondre de l'enquête de son organisation, mais pas dans le secret des locaux de la DRGS, dont la réputation de brutalité n'est plus à faire. » Le 16 février à 10 heures 55, un officier de police s'est présenté au siège de JED à Kinshasa et a demandé à voir Donat M'Baya Tshimanga. Informé que celui-ci était absent, le policier a laissé à son intention une « invitation » à se rendre au siège de la DRGS pour « renseignements », signée par l'inspecteur adjoint, chef du Département des opérations, Elias Tshibangu. Donat M'Baya Tshimanga, le président de l'organisation partenaire de Reporters sans frontières à Kinshasa, a été contraint de rentrer en clandestinité la semaine dernière, suite à des menaces graves et répétées pour sa sécurité. Publié le 14 février 2006, le rapport de JED sur le double assassinat, le 3 novembre 2004, de Franck Ngyke, journaliste politique de La Référence Plus, et de son épouse, Hélène Paka, met en lumière le comportement troublant de certains hauts responsables du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, parti présidentiel) et les gesticulations de la police chargée de l'enquête. Dans la soirée du 15 février, face au tollé provoqué par la publication du rapport de JED, la télévision publique a annoncé que le vice-président Azarias Ruberwa, ayant en charge la commission Politique, Défense et Sécurité au sein du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), avait décidé la création d'une sous-commission ad hoc, chargée de faire le point sur l'enquête sur l'assassinat de Franck Ngyke et Hélène Paka. Il s'agissait du premier geste politique en trois mois, alors que les investigations officielles privilégient, en dépit des évidences, la piste du crime crapuleux.