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2 décembre 2014 - Mis à jour le 21 mars 2017

Le net-citoyen Osama Al-Najjar condamné à trois ans de détention pour avoir dénoncé la torture en prison


Oussama Al-Najjar, net-citoyen et activiste des droits de l’homme, a été condamné le 25 novembre à trois ans de prison et une lourde amende par la Cour suprême fédérale d’Abu Dhabi pour s’être exprimé sur Twitter sur les mauvais traitements subis en prison par son père et par toutes les victimes du procès des «UAE 94».

Reporters sans frontières dénonce la répression du régime émirati à l’encontre des cyberdissidents. Selon des informations recueillies par Reporters sans frontières, le net-citoyen Osama Al-Najjar a été condamné lors d’un procès inique - le verdict a été rendu en l’absence de la défense - à trois ans de prison et à une amende de 500 000 dirhams émiratis pour avoir dénoncé les conditions d’incarcération et les mauvais traitements subis en détention. Il est également reconnu coupable d’offense à l’Etat via Twitter, d’incitation à la haine et la violence, d’appartenance au mouvement du parti Al-Islah (affilié aux Frères musulmans) et de diffusion de fausses informations. Son ordinateur portable, sa caméra et son téléphone portable lui ont été confisqués, son compte Twitter a été fermé.


«Osama Al-Najjar se révolte contre la torture infligée aux prisonniers, et finit par se retrouver lui-même derrière les barreaux à subir le même sort. Faisant preuve d’une intolérance inouïe, les autorités préfèrent réduire au silence le messager plutôt que de remettre en question leur politique, déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction des programmes de Reporters sans frontières. Nous exhortons les autorités émiraties à libérer immédiatement et inconditionnellement Oussama Al-Najjar et à abandonner les charges contre lui».


Osama Al-Najjar a été arrêté le 17 mars 2014 à son domicile sans aucun motif officiel puis torturé quatre jours suite à son arrestation. Le lien avec son activisme en ligne a vite été identifié : le net-citoyen de 25 ans avait exprimé son soutien, lors du procès des “UAE 94”, aux 94 Emiratis accusés de liens avec les Frères musulmans parmi lesquels figurait son père Hocine Al-Najjar condamné à 10 ans de prison ferme en 2013. Via les réseaux sociaux, Osama Al-Najjar avait été l’un des premiers à dénoncer les conditions d’incarcération et les mauvais traitements subis en détention.


Cette violation de la liberté d’information rappelle d’autres condamnations de net-citoyens en 2013 qui se sont exprimés au sujet de l’affaire UAE 94 sur Twitter, soulignant un peu plus le manque d’indépendance de la justice émiratie. Reporters sans frontières demande l’ouverture d’une enquête sur les mauvais traitements en prison conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies contre la torture ratifiée par le pays (article 12).


Toute proximité présumée ou affichée avec les Frères musulmans est durement réprimée aux Emirats arabes unis, et la censure sur Internet est très importante.


Les EAU figurent à la 118e place (sur 180) dans le Classement 2014 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.