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9 novembre 2018

Le journaliste Victor Mallet, qui avait modéré un débat déplaisant à la Chine, est désormais interdit d’entrée à Hong Kong

PHOTO: PAUL YEUNG / AFP
Reporters sans frontières (RSF) dénonce l’acharnement des autorités hongkongaises contre le journaliste Victor Mallet, qui avait modéré un débat déplaisant à la Chine. Après s’être vu refuser un nouveau visa de travail le mois dernier, il a découvert jeudi qu’il était désormais interdit d’entrée sur le territoire.

Victor Mallet, rédacteur en chef pour l’Asie du Financial Times et vice-président du Club des correspondants étrangers (FCCHK), s’est vu hier jeudi 8 novembre refuser l’entrée comme visiteur dans le territoire de Hong Kong, alors que cette démarche est d’ordinaire une formalité pour les citoyens britanniques. Le mois dernier, le journaliste avait déjà essuyé le rejet de sa demande de renouvellement de visa de travail et s’était vu donner sept jours pour faire ses bagages et quitter le territoire.


Ces décisions administratives inhabituelles à Hong Kong, que les autorités n’ont pas souhaité motiver, visent vraisemblablement à punir le journaliste pour avoir participé comme modérateur, le 14 août dernier, à un déjeuner-débat qui avait fortement déplu à Pékin et pour lequel le FCCHK avait reçu des menaces et une cyberattaque.


« En s’acharnant sur Victor Mallet, les autorités hongkongaises comptent à l’évidence faire un exemple qui poussera les autres journalistes à s’autocensurer, s’indigne Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce « les manigances de Pékin pour restreindre la liberté de la presse à Hong Kong, alors que le principe est inscrit en toutes lettres dans la Loi Fondamentale qui régit la région administrative spéciale depuis sa rétrocession à la Chine.»


Ce nouveau coup porté à la liberté de l’information à Hong Kong intervient quelques jours seulement après l’annulation, suite à des menaces, d’une exposition d’oeuvres du caricaturiste australien d’origine chinoise Badiucao, qui devait ouvrir samedi 3 novembre à Hong Kong dans le cadre d’une semaine dédiée à la liberté d’expression.


Dans un rapport publié en début d’année, l'Association des journalistes de Hong Kong (HKJA) dénonçait une chute continue de la liberté de la presse dans l'ancienne colonie britannique. Hong Kong, classée 18ème lors de la création du classement mondial de la liberté de la presse de RSF en 2002, se retrouve cette année au 70ème rang sur 180 pays et territoires évalués.