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23 novembre 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le journaliste Rafik Tagi a succombé à ses blessures


Le 23 novembre 2011, l’écrivain et journaliste Rafik Tagi est décédé quatre jours après avoir été victime d’une attaque à l’arme blanche, survenue dans la nuit du 19 novembre 2011. “Nous sommes choqués par cette nouvelle tragique et témoignons tout notre soutien à la famille et aux collègues de Rafik Tagi. Au vu des récents articles du journaliste et des poursuites judiciaires dont il a pu faire l’objet dans le passé, nous demandons à ce que la piste professionnelle soit sérieusement envisagée,” a déclaré l’organisation. Rafik Tagi, journaliste à Sanat, rentrait à pied à son domicile à Bakou, le 19 novembre 2011, lorsqu’un individu non identifié l’a attaqué à l’arme blanche. L’agresseur lui a d’abord infligé trois coups de couteau dans le dos puis trois autres dans l’abdomen avant de prendre la fuite. Malgré une grave hémorragie, le journaliste a pu regagner son domicile et appeler une ambulance. Il a subi deux opérations chirurgicales, les coups qu’il a reçus à l’abdomen lui ayant perforé le diaphragme. Agé de 64 ans, Rafik Tagi n’a pas survécu à ses blessures. Rafik Tagi était connu pour ses critiques de l’islam. Le 10 novembre, il avait publié un article sur un site Internet local, dans lequel il critiquait le régime de Téhéran et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qu’il accusait de discréditer l’islam et de constituer une menace pour le monde civilisé. L’enquête a été placée sous le contrôle du procureur général et du ministère de l'Intérieur. Le 22 novembre, le porte-parole du Conseil de la presse a reconnu le lien possible entre l’attaque et les récents articles du journaliste. Le 15 novembre 2006, Rafik Tagi avait été arrêté et condamné en 2007 à 3 ans de prison suite à la publication d’un article intitulé “L’Europe et nous”, dans lequel il développait l’idée selon laquelle l’influence des valeurs humanistes et universelles de l’Europe serait plus bénéfique à l’Azerbaïdjan que l’islam. Le 25 novembre 2006, un mollah iranien avait émis une fatwa appelant à tuer le journaliste. Le 28 décembre 2007, Rafik Tagi avait bénéficié d’une grâce présidentielle avec 119 autres prisonniers. Les journalistes sont pris en otage dans une guerre diplomatique que se livrent l’Azerbaïdjan et l’Iran, chaque pays accusant ses propres journalistes d’espionnage au profit de l’autre. Le 31 août 2011, le correspondant pour RFE/RL Yafez Hasanov a été enlevé au Nakhitchivan par trois hommes qui l’ont amené à la frontière iranienne et l’ont forcé à traverser l’Iran pour rejoindre Bakou. Son média est jugé illégal en Iran et ses agresseurs l’ont menacé de représailles s’il revenait au Nakhitchivan avant un mois. Le correspondant était venu enquêter sur la mort en détention d’un homme accusé d’espionnage au profit de l’Iran.