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21 septembre 2017 - Mis à jour le 23 août 2019

Le journaliste indien Shantanu Bhowmick battu et poignardé à mort en plein reportage

La mère du journaliste Shantanu Bhowmick pleure son fils à l'hôpital d’Agartala, au nord-est de l'Inde (photo : Arindam Dey / AFP)
Reporters sans frontières (RSF) exprime sa profonde indignation face au meurtre sauvage du journaliste Shantanu Bhowmick, qui couvrait des violences entre la police et des factions politiques dans l’Etat du Tripura, au nord-est de l’Inde. L’organisation exhorte les autorités indiennes à retrouver les coupables de cet assassinat et à prendre des mesures rapides et concrètes pour mieux garantir la sécurité des journalistes.

Le reporter Shantanu Bhowmick a été battu et poignardé à mort dans la journée du mercredi 20 septembre dans la localité de Mandai, en banlieue d’Agartala, la capitale de l’Etat du Tripura (nord-est du pays). Envoyé par la chaîne de télévision locale Dinraat (“Jour et nuit”), le journaliste couvrait des affrontements entre la police et des membres du Front populaire indigène du Tripura (FPIT), un parti local à base tribale dont les cadres avaient appelé la veille à des actes de violences à l’encontre d’une faction rivale.


Le reporter s’est retrouvé au coeur de la confrontation, au moment où les forces de police lançaient une charge massive contre un barrage routier élevé par les militants du FPIT. Dans la mêlée, le journaliste a été enlevé par plusieurs hommes. La police locale, qui a révélé l’affaire aujourdhui, a déclaré avoir retrouvé le corps du journaliste battu et poignardé à mort. Il était âgé de 28 ans.


En à peine deux semaines, c’est le deuxième journaliste tué en Inde pour avoir fait son travail. Ce meurtre survient quelques jours après l’assassinat sauvage de la célèbre journaliste Gauri Lankesh.


“Encore une fois, la mort frappe le monde de la presse en Inde, regrette Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Les violences commises à l’égard des journalistes dans le pays sont devenues un point de préoccupation majeur. Le décès de Shantanu Bhowmick est absolument inadmissible, et nous appelons les autorités indiennes à faire toute la lumière sur cette affaire en recherchant les coupables au sein des partis politiques aussi bien que parmi les forces de sécurité. Nous demandons plus généralement au gouvernement indien de prendre ses responsabilités concernant la sécurité des journalistes, fondement élémentaire de la liberté de la presse et du respect de la démocratie.”


Quatre membres du FPIT ont été arrêtés, sans que leur responsabilité exacte dans le meurtre de Shantanu Bohwmick soit encore clairement établie. Le FPIT fait partie de l’Alliance nationale démocratique, une coalition de partis politiques emmenée par le BJP du Premier ministre Narendra Modi.


A la suite des affrontements, l’Internet local a été coupé, officiellement pour éviter la propagation de rumeurs. Des manifestations d’hommage à Shantanu Bohwmick ont été organisées jeudi dans plusieurs villes du pays.


Marquée notamment par une montée du radicalisme nationaliste, l’Inde est située à la 136ème position sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2017.