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7 octobre 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le harcèlement à l’encontre du journaliste tchadien Stéphane Mbaïrabé Ouaye se poursuit


Reporters sans frontières (RSF) dénonce vivement l’arrestation arbitraire du journaliste tchadien Stéphane Mbaïrabé Ouaye à N’Djamena et les mauvais traitements qui lui ont été infligés en détention.
Le directeur de publication du média d’information indépendant Haut Parleur Stéphane Mbaïrabé Ouaye a été interpellé dans la nuit du 2 au 3 octobre 2015 par la police judiciaire, sans mandat d’arrêt, puis enfermé dans une prison du commissariat central de N’Djamena. Menotté et les yeux bandés, le journaliste a été tabassé par des hommes en civil afin qu’il révèle ses sources après la publication la semaine dernière d’un article intitulé « Salay Deby, le voleur national » dans lequel il critiquait le directeur général de la douane ainsi que son illustre frère, le président de la République Idriss Deby. Il a par la suite été relâché sans explications. Le journaliste, qui porte les stigmates des coups reçus, attend aujourd’hui d'être fixé sur la date de sa comparution en citation directe pour diffamation. “Les mauvais traitements infligés à ce journaliste sont une honte et témoignent une nouvelle fois de l’acharnement des autorités envers la presse, Reporters sans frontières. Stéphane Mbaïrabé Ouaye a été victime de pratiques ignobles qui rappellent celles de la direction de la documentation et de la sécurité (DDS) de l’ancien régime de Hissein Habré. Si l’entourage de la présidence considère que le journaliste a tenu des propos diffamatoires, il doit s’en remettre à la justice.” Ce n’est pas la première fois que le journaliste du Haut Parleur a affaire à la police judiciaire. Le 12 juin, il avait déjà été arrêté et détenu sans convocation après une plainte en diffamation du frère du président, Salay Deby. Le Tchad occupe la 135e place sur 180 pays dans l’édition 2015 du Classement sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.