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28 janvier 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le Guide suprême Ali Khamenei intensifie sa guerre contre les journalistes


Les autorités iraniennes ont procédé à une nouvelle rafle dans les milieux journalistiques de la capitale. Les sièges de quatre quotidiens, Etemad, Arman, Shargh, Bahar et de l’hebdomadaire Aseman ont été perquisitionnés ; et plusieurs membres de leurs rédactions ont été arrêtés par des agents en civil du ministère des Renseignements, sans motif officiel avancé. Des mandats d'arrêt ont également été délivrés contre d'autres journalistes. “La répression sans fin menée par le pouvoir iranien contre les journalistes se durcit chaque jour davantage. Le pays n’est toujours pas sorti de l’ère de la terreur inaugurée en juin 2009 au lendemain de l’élection présidentielle contestée. A cinq mois de la prochaine échéance électorale, prévue en juin 2013, l’avertissement est clair : les journalistes et leurs médias seront muselés”, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. L’organisation demande la libération immédiate et sans condition de tous les journalistes actuellement incarcérés. Les autorités doivent mettre fin à ces arrestations successives qui ont pour seul objectif d’assurer la stabilité et la pérénité du régime, alors même que ces tentatives d’intimidation sont à terme vouées à l’échec. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, au moins de 12 journalistes ont été arrêtés en vingt-quatre heures : le 27 janvier, ont été visés Sasan Aghai, Nasrin Takhayori, Javad Daliri, Emily Amrai, tous les quatres travaillant pour le journal Etemad ; Motahreh Shafie, Nargus Jodaki, Saba Azarpyk, du journal d’Arman ; Porya Alami et Pejman Mousavi du quotidien Shargh ; Akbar Montajabi de l’hebdomadaire Aseman. La veille, cela avait été le tour de Milad fadai Asl, journaliste pour l’agence Ilna, et de Soliman Mohammadi, collaborateur du quotidien Bahar, avaient été arrêtés sur leur lieu de travail. Tous ont été transférés dans un lieu de détention tenu secret, après perquisition de leur domicile respectif et confiscation de leurs effets personnels. D’autres journalistes ont été convoqués. Ils doivent se présenter dans les jours à venir devant les tribunaux de la Révolution. Depuis le début du mois de janvier, plusieurs journalistes ont été convoqués par les Gardiens de la révolution et le ministère des Renseignements. Au cours de leurs interrogatoires, ils ont principalement été questionnés sur leurs intentions quant à la prochaine élection présidentielle, notamment sur le ou les candidats qu’ils envisagent de soutenir. On leur a également demandé leur avis sur le dernier discours du Guide suprême, prononcé le 28 décembre 2012, au duquel Ali Khamenei avait clairement tancé les opposants: « Arrêtez de déclarer qu’il faut organiser des élections libres ! Depuis l’avènement de la République islamique, les élections ont toujours été libres.» Dans son point de presse du 21 janvier 2013, le procureur général, Gholam Hossein Mohseni Ejehi, avait déclaré sous forme de menace : “Des informations sûres me sont parvenues selon lesquelles certains journalistes collaborent, depuis l’Iran, avec les Occidentaux et des contre-révolutionnaires basés à l’étranger”.