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10 janvier 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le calvaire des journalistes égyptiens continue


Reporters sans frontières condamne le prolongement pour 15 jours de la détention provisoire de trois journalistes d’Al-Jazeera arrêtés le 29 décembre dernier. Cette décision a été rendue publique le 9 janvier 2014. Le chef du bureau d’Al-Jazeera au Caire, de nationalité canado-égyptienne, Mohamed Adel Fahmy, le reporter australien Peter Greste, et un producteur qui refuse que son nom soit révélé, avaient été placés en détention provisoire après leur arrestation. Un quatrième collaborateur de la chaîne qatarie interpellé en même temps qu’eux, le cameraman Mohamed Fawzi, avait quant à lui été libéré le 31 décembre. Les trois journalistes sont accusés “d’avoir diffusé en direct des informations portant atteinte à la sécurité nationale” et “d’être en possession de publications des Frères musulmans”. Par ailleurs, la cour devrait rendre son verdict le 2 février prochain dans l’affaire du cameraman d’Al-Jazeera Mubasher Misr Mohamed Badr. Ce dernier avait été arrêté le 15 juillet 2013 alors qu’il couvrait une manifestation. Placé en détention depuis cette date, il encourt jusqu’à 15 ans de prison ferme. Reporters sans frontières demande aux autorités égyptiennes de libérer immédiatement et sans conditions la totalité des journalistes détenus de manière arbitraire du fait de leurs activités professionnelles. -------------------------------------------------------------------------------------------- 2/01/2014 Quatre nouvelles arrestations arbitraires de journalistes en Egypte Reporters sans frontières condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation de quatre journalistes d’Al-Jazeera par les autorités égyptiennes dimanche 29 décembre au Caire. L’organisation exige leur libération immédiate et sans conditions. Le chef du bureau d’Al-Jazeera au Caire, de nationalité canado-égyptienne, Mohamed Adel Fahmy, le reporter australien Peter Greste, un producteur et le caméraman Mohamed Fawzi, tous deux égyptiens ont été arrêtés par la police secrète égyptienne le 29 décembre au soir. Selon le ministère de l'Intérieur, ils sont accusés “d’avoir diffusé en direct des informations portant atteinte à la sécurité nationale”, “d’être en possession de publications des Frères musulmans”. “Le gouvernement en place depuis la destitution du Président Morsi en juillet dernier, persécute de manière systématique les médias qu’il considère proches des Frères musulmans. Al-Jazeera est devenue une cible privilégiée de cette campagne de harcèlement. Ainsi, les autorités n’ont pas hésité à fermer les locaux de la chaîne dans le pays et à arrêter arbitrairement ses journalistes,” a déclaré Reporters sans frontières. “Il semblerait que cette campagne aie franchi un nouveau seuil avec la décision du gouvernement ce 25 décembre de placer l’association des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes. Il est désormais interdit aux professionnels des médias de posséder ou diffuser des publications ou enregistrements issus des Frères musulmans. Ils risquent le cas échéant une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. Cette interdiction ainsi que les arrestations arbitraires constituent de graves menaces pour la liberté de l’information en Egypte,” a ajouté l’organisation. Mohamed Adel Fahmy, qui a travaillé pour CNN, est un journaliste renommé au Caire, sans lien connu avec Frères musulmans. Peter Greste est un ancien journaliste de la BBC. En 2011, il a remporté le prix Peabody pour un documentaire sur la Somalie. Par ailleurs, deux autres journalistes de la chaîne qatarie Mohamed Badr, arrêté le 15 juillet dernier, et Abdullah al-Shami, arrêté le 14 août, sont toujours en détention. L’Egypte est 158ème sur 179 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi en 2013 par Reporters sans frontières.