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21 septembre 2015 - Mis à jour le 28 avril 2016

L’Arabie saoudite, nouvel expert des droits de l’homme à l’ONU


Reporters sans frontières (RSF) dénonce la nomination de l’Arabie saoudite à la présidence du panel du Conseil des droits de l’homme à l’ONU. Cette décision, qui se serait jouée en coulisses en juin 2015, vient provoquer l’ire des défenseurs et organisations internationales des droits de l’homme.

L’ambassadeur de l’Arabie saoudite à Genève, Faisal bin Hassan Trad, a été élu président du panel du Conseil des droits de l’homme, lors de l’ouverture ce jour de la 30e session du CDH.

Cette nomination est grotesque. Il est scandaleux que l’ONU tolère cette présidence alors que l’Arabie saoudite est l’un des pays les plus répressifs en matière de droits de l’homme, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient & Maghreb de l’organisation. Le pays figure à la 164e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse en 2015 établi par l’organisation. Comment peut-on imaginer que Riyad puisse être un acteur de poids dans la lutte contre les violations des droits de l’homme dans le monde ?

Le bilan des droits de l’homme dans le royaume chérifien est désastreux. Il n’existe aucune presse indépendante et les journalistes et blogueurs qui osent s’écarter de la ligne officielle sont poursuivis et condamnés à de lourdes peines de prison, notamment grâce aux nombreuses lois liberticides sur la cybercriminalité et loi anti-terroriste. Le pays est listé Ennemi d’Internet, et la répression en ligne ne cesse de s’accroître depuis le printemps 2011.

Aujourd’hui, neuf journalistes, dont deux professionnels et sept net-citoyens, sont arbitrairement détenus dans les prisons du régime. RSF, avec d’autres organisations internationales, avait adressé une lettre aux autorités saoudiennes pour demander la libération de militants des droits de l’homme, dont Raïf Badawi, Waleed Abu Al Khair et Fawzan Al-Harbi, l’un des fondateurs de l’Association saoudienne pour les droits civils et politiques (ACPRA) . Cette lettre fermée en juillet n’avait obtenu aucune réaction. Elle a été publiée en septembre.