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2 octobre 2020

A l’approche du sommet du G20, RSF lance un compte à rebours « J-50 » et une pétition pour que progresse la liberté de la presse

A l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi et à 50 jours du sommet du G20 à Riyad, Reporters sans frontières (RSF) lance un compte à rebours « J-50 » et une pétition appelant les capitales du G20 à obtenir des avancées concrètes en matière de liberté de la presse en Arabie saoudite - à commencer par la libération des 34 journalistes détenus dans le pays.

Les 21 et 22 novembre prochains, l’Arabie saoudite accueillera virtuellement le sommet du G20 à Riyad, alors que le royaume détient l’un des pires bilans au monde en matière de liberté de la presse. Pour demander des comptes à l’Arabie saoudite et l’amener à prendre des mesures pour obtenir des avancées concrètes en matière de liberté de la presse, RSF lance une pétition auprès des capitales du G20.


L’Arabie saoudite figure parmi les plus grandes prisons du monde pour les journalistes, avec 34 d’entre eux moisissant actuellement derrière les barreaux en raison de leur métier. Nombre de ces journalistes ont subi de mauvais traitements en détention. RSF a mené plusieurs campagnes pour leur libération et a soumis directement leur cas au gouvernement saoudien, lors d’une mission sans précédent de défense de la liberté de la presse dans le pays, en avril 2019.


A cela s’ajoute l’impunité qui continue d’entourer le terrible assassinat, le 2 octobre 2018, du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi au sein de l’ambassade d’Arabie saoudite à Istanbul en Turquie. Un procès à huis-clos, auquel ni le public ni les médias n’ont eu accès, s’est conclu par la condamnation de huit accusés non identifiés à des peines de prison et par l’acquittement de trois autres – dans le mépris total de toutes les normes internationales. Aucune enquête internationale indépendante n’a eu lieu.


« En négligeant les graves violations de la liberté de la presse qui continuent de sévir en Arabie saoudite, les participants au sommet menacent leur propre réputation, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. RSF est cependant convaincu que cette réunion représente au contraire l’occasion de réfléchir à la mise en œuvre de réformes positives. Nous appelons les capitales du G20 – de Londres à Berlin – à exhorter l’Arabie saoudite à libérer les 34 journalistes détenus dans le royaume et à commencer à inverser leur terrible bilan en matière de liberté de la presse. » 


Le gouvernement saoudien a déclaré que les trois principaux objectifs de la présidence 2020 du G20 sont de « donner les moyens aux peuples d’acquérir leur autonomie », de « préserver la planète » et de « dessiner de nouvelles frontières ». Mais ces buts ne pourront être atteints si les membres du G20, et en particulier l’Etat assurant la présidence, ne respectent pas leurs engagements internationaux en matière de liberté de la presse.


Un compte à rebours « J-50 » sur la page d’accueil du site de RSF énumérera les jours qui restent avant l’ouverture du sommet de Riyad des 21 et 22 novembre, déterminant ainsi une date butoir pour les Etats membres du G20 dans la mise en œuvre d’avancées en matière de liberté de la presse en Arabie saoudite. La veille du sommet, RSF remettra la pétition aux autorités dans les capitales clés du G20.


L’Arabie saoudite occupe le 170e rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2020.