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26 avril 2017

L’Afrique du Nord au Classement mondial de RSF : le journalisme sous haute tension en 2016.

Le Classement de la liberté de la presse 2017 présenté par Reporters sans frontières (RFS) lors d’une conférence de presse ce 26 avril à l’hôtel Majestic à Tunis révèle que les journalistes continuent de pâtir des nombreuses lignes rouges, imposées par des Etats peu enclins à permettre au journalisme indépendant d’occuper pleinement sa place de contre-pouvoir en Afrique du Nord.

Six ans après les « printemps arabes », le Classement mondial de la liberté de la presse 2017 démontre la persistance de l’hostilité des dirigeants des pays du Maghreb, lorsque des sujets d’intérêt général tels que la corruption, la fraude fiscale ou les lobbies d’influence sont abordés par les journalistes.


« En Afrique du nord, il est malheureux de constater que les responsables politiques préfèrent tolérer les journalistes qui donnent la part belle au commentaire et à la communication institutionnelle plutôt qu’à ceux qui refusent le jeu des compromis, déclare Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF. Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel de continuer de lutter pour une information indépendante, plurielle et libre dans la région. »


L’année 2016 a été particulièrement difficile pour la presse algérienne (voir notre rapport « Algérie : la main invisible du pouvoir sur les médias ») qui a dû faire face à la mort en détention de Mohamed Tamalt, emprisonné pour des informations postées sur son journal en ligne. La détention de deux professionnels des médias (ajouter lien) et d’un blogueur ainsi que l’annulation par les autorités algériennes du rachat du journal arabophone El Khabar par les autorités ont contribué à donner le ton cette année sur la volonté de museler la presse du gouvernement algérien.


L’Algérie, 134e au Classement de la liberté de la presse passe donc pour la première fois derrière le Maroc/Sahara occidental voisin (133ème). Ce dernier s’est distingué par une grande agressivité envers les journalistes étrangers (cinq expulsions de journalistes européens en 2016), révélatrice d’une tension plus globale du Makhzen marocain envers l’UE notamment. Le nombre d’exactions au Sahara Occidental commises contre les journalistes sahraouis non-professionnels reste quant à lui élevé dans une zone impossible à couvrir pour les journalistes marocains.


De son côté, la Tunisie (97ème) seul pays à avoir réussi sa transition démocratique reste en tête du Classement du Maghreb. Le pays continue néanmoins de souffrir d’un climat défavorable à la consolidation d’une presse libre en raison de la persistance de l’autocensure et des conflits d’intérêt au sein des médias.


Enfin, en Libye (163ème), les journalistes fuient le chaos, (plus de 50 exilés depuis 2011). Le nombre d’exactions toujours en hausse, y demeure totalement impunis avec pour toile de fond une guerre dans laquelle les protagonistes n’hésitent pas à prendre l’information libre pour cible.