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12 septembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La vie des collaborateurs emprisonnés du site Majzooban Nor entre les mains des autorités iraniennes


Plusieurs journalistes et net-citoyens ont entamé, le 31 août dernier, une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions d’incarcération. Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude quant au sort de plusieurs journalistes et net-citoyens détenus malgré leurs problèmes de santé, et dénonce le manque de soins adéquats dans les lieux d’incarcération.
Reza Entesari, Hamidreza Moradi, Mostafa Abdi, Kasra Nouri et Afshin Karampour, journalistes et net-citoyens collaborant pour le site Majzooban Nor, ont entamé, le 31 août 2014, une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Ils ont été rejoints par leurs avocats, Maîtres Amir Islami, Farshid Yadollahi, Mostafa Daneshjo et Omid Behrouzi. Leur état de santé respectif est jugé inquiétant. “Alors que les images du Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, hospitalisé dans un hôpital moderne de Téhéran font la une des médias du monde entier, plusieurs journalistes et net-citoyens actuellement emprisonnés en Iran sont privés de soins. Leur vie est en danger dans le silence et l’indifférence totale. Respecter le droit à la santé des prisonniers est l’un des devoirs du régime. Tout manquement à ce principe fondamental sera considéré comme un délit de non-assistance à personnes en danger”, déclare Reza Moini, responsable du bureau Iran/Afghanistan de Reporters sans frontières. Arrêtés lors de la rafle organisée entre les 8 et 10 septembre 2011, ils ont été condamnés, le 13 juillet 2013, par la 15e chambre du tribunal de la Révolution de Téhéran - à l’issue d’un procès inéquitable - à des peines allant de six mois à dix ans de prison ferme. Ils sont toujours emprisonnés depuis à la prison d'Evin à Téhéran ou de Nezam à Shiraz (province du Fars, sud-est du pays). Certains d'entre eux, notamment Reza Entesari, Mostafa Daneshjo, Hamidreza Moradi et Afshin Karampour, sont gravement malades. Ils ont été victimes - à plusieurs reprises - de malaises dans leur cellule. Malgré l’urgence, ils sont privés des soins nécessaires et adéquates, les responsables pénitentiaires et la justice n’autorisant que très rarement leur transfert vers des hôpitaux. Reporters sans frontières rappelle que : En vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques - auquel l’Iran est partie -, la privation de soins médicaux peut constituer une violation de l’interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants; Le règlement intérieur des prisons en Iran, mis en place par l’instance juridique en charge de la gestion des lieux de détention, oblige les autorités pénitentiaires à dispenser aux prisonniers malades les soins nécessaires. Les articles 102 et 103 de ce règlement précisent notamment que “la visite mensuelle est obligatoire dans la clinique de la prison” et que “si nécessaire, le détenu doit être transféré de toute urgence de la prison vers l’hôpital”. Ce même règlement stipule que le juge est également responsable de la sécurité et de la santé des prisonniers atteints de maladie grave et incurable. L’Iran, l’un des pays les plus répressifs au monde en matière de liberté de l’information, occupe la 173e place sur 180 pays du Classement mondial 2014 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.