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13 mars 2017 - Mis à jour le 16 mars 2017

A la veille du Nouvel an iranien, Téhéran envoie plusieurs journalistes en prison

A quelques jours du Nouvel an iranien (20 mars) et alors que des journalistes pourraient bénéficier d’une éventuelle libération, Henghameh Shahidi et Ehssan Mazndarani ont tous deux été arrêtés. D’autres journalistes ont également été menacés d’arrestations par la justice, les gardiens de la révolution et le ministère des Renseignements.

Reporters sans frontières (RSF) condamne une nouvelle fois ces pressions, exercées par les autorités iraniennes à l’encontre des journalistes.

Henghameh Shahidi, journaliste et directrice du blog Paineveste, a été arrêtée le 9 mars, au domicile de sa sœur dans la ville de Mashhad, sur ordre du parquet de la Culture et des Médias de Téhéran. Dans une lettre publiée après son arrestation, elle a dénoncé «les menaces des organes officiels à son rencontre ». “J’entamerai une grève de la faim jusqu'à ma libération ou ma mort», poursuit-elle dans sa lettre. Mostafa Turk Hamadani, qui attend de savoir si il peut défendre cette journaliste,a déclaré qu’« elle avait été transférée à Téhéran et interdite de visite”. Nahid Kermanshahi, sa mère, s’est dit inquiète pour la santé de la journaliste «malade et opérée deux fois du coeur.»

Henghameh Shahidi avait déjà été arrêtée le 29 juin 2009, avant d’être libérée le 2 novembre sur décision de la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran en échange du versement d’une caution de 9 000 000 de tomans (8 000 euros). Le 25 février 2010, à l’issue de sa convocation au ministère des Renseignements, elle a été condamnée (en appel) à six ans de prison et à 50 000 tomans d’amende par la 54e chambre du tribunal de Téhéran, avant d’être libérée pour raison médicale le 28 octobre 2010.


Ehssan Mazandarani, directeur du quotidien Farhikhteghan, a lui été interpellé violemment le 12 mars 2017, près d’un mois après sa libération par les agents de l'organisation des renseignements des Gardiens de la révolution. Selon ces agents, la peine de prison du journaliste n’était pas terminée et il devait retourner en prison. Le journaliste a été libéré le 9 février 2017, après avoir purgé une peine de deux ans de prison. Le directeur du quotidien Farhikhteghan était l’une des victimes de la vague d'arrestations du 2 novembre 2015. Condamné à sept ans de prison ferme, il avait vu sa peine réduite à deux ans par le tribunal d’appel. Ehssan Mazandarani avait été plusieurs fois hospitalisé pour des problèmes pulmonaires et cardiaques après plus de trois semaines de grève de la faim. Selon sa famille, le journaliste a été transféré à la prison d’Evin et a entamé une grève de la faim.


Le 11 mars 2017, Issa Saharkhiz, journaliste indépendant de renommée, et autre victime de la vague d'arrestations du 2 novembre 2015 a subi la violence des gardiens de la prison pendant qu'ils fouillaient ses affaires personnelles. Il était hospitalisé dans un établissement de Téhéran, depuis le 10 mars 2016, pour raison médicale. Sa famille s’est dit inquiète pour sa santé.


RSF fait part de ses préoccupations concernant la santé de la journaliste Tahereh Riahi, responsable des pages sociales de Borna News Agency. Arrêté le 27 décembre 2016, la journaliste est très affaiblie physiquement et psychologiquement. Elle est toujours interdite de visite et confinée à l’isolement dans la section 209 de la prison d’Evin.


Avec 30 journalistes et citoyen-journalistes emprisonnés, l’Iran est aujourd’hui l'une des cinq plus grandes prisons du monde pour les professionnels de l’information. Le pays occupe la 169e place sur 180 dans le Classement 2016 de la liberté de la presse publié par RSF.