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12 janvier 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La police judiciaire confirme que la mort de Martin O'Hagan est liée à ses recherches sur un groupe paramilitaire


Le 19 décembre 2006, l'inspecteur en chef Charles Patterson a déclaré, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du journaliste d'investigation Martin O'Hagan en Irlande du Nord, que les huit hommes qui avaient été interrogés par la police étaient, selon lui, les auteurs du crime. Les suspects n'ont jamais été inculpés, faute de preuves. John Leckey, le "coroner" (officier de police judiciaire) du comté chargé de l'enquête, a salué le courage avec lequel Martin O'Hagan traitait des affaires criminelles pour le Sunday World. Il a déclaré que sa mort était due à des blessures par balles à la poitrine et à l'abdomen, et a soutenu les conclusions de la police selon lesquelles le reporter a été assassiné parce qu'il enquêtait sur la Loyalist Volunteer Force (LVF), un groupe paramilitaire vendant de la drogue dans la circonscription du Mid-Ulster, en Irlande du Nord. John Leckey a qualifié la LVF d'organisation malfaisante, ajoutant que certaines maisons de la presse de la région avaient arrêté de vendre le Sunday World à la suite de menaces. « Les menaces se sont généralisées, non seulement parmi les journalistes comme Martin O'Hagan qui cherchait à confondre ces criminels, mais également parmi ceux qui distribuaient le journal publiant ses articles », a-t-il déclaré. Il a souligné que Martin O'Hagan était le premier journaliste assassiné dans de telles circonstances en Irlande du Nord. Lors de l'enquête, l'inspecteur en chef Charles Patterson a déclaré qu'il était persuadé que les huit hommes arrêtés et interrogés au cours des semaines suivant l'assassinat de Martin O'Hagan étaient bien impliqués dans celui-ci. Ils avaient été relâchés faute de preuves. « Ces hommes ont des liens avec la LVF, dans la région de Lurgan, a précisé Charles Patterson. Mais malgré une enquête approfondie, je n'ai, hélas, aucune preuve me permettant d'entamer des poursuites. » Il a affirmé que l'enquête demeurait ouverte, admettant néanmoins ne plus s'y consacrer activement. Il a ajouté que l'affaire serait réexaminée en interne par la police nord-irlandaise l'année prochaine. Kevin Cooper, le président du district de Belfast du Syndicat national des journalistes (NUJ), a déclaré que les journalistes locaux attendaient un examen plus approfondi des preuves, étant donné le trouble qu'avait semé l'affaire. Il a souligné que l'enquête n'avait jamais fait allusion aux comptes rendus des services de renseignements sur le crime, ni aux affirmations répétées selon lesquelles des agents ou des informateurs de la police étaient membres du groupe incriminé, et que l'échec de l'investigation avait eu pour but de les protéger. La police a toujours farouchement nié cette accusation. Il n'en demeure pas moins que Nuala O'Loan, la médiatrice de la police en Irlande du Nord, étudie à présent les faits de plus près, à la suite d'une plainte déposée par la famille de Martin O'Hagan. Séamus Dooley, le secrétaire irlandais du NUJ, a réitéré la demande du syndicat qu'une force de police externe prenne en charge l'enquête. « La reprise de l'enquête par le coroner n'a fait que raviver la douleur et le chagrin de la famille, a-t-il constaté. L'affaire doit être réexaminée dans les plus brefs délais. Nous jugeons inacceptable la méthode employée par la police nord-irlandaise. Nous ne voyons aujourd'hui qu'une seule solution : faire appel à une force de police externe. » Martin O'Hagan avait 51 ans lorsqu'il a été abattu en septembre 2001 par des paramilitaires loyalistes, alors qu'il rentrait d'un pub de Lurgan, dans le comté d'Armagh, en compagnie de sa femme.