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13 septembre 2017 - Mis à jour le 2 octobre 2017

La peine du journaliste marocain Hamid El Mahdaoui alourdie en appel

Reporters sans frontières (RSF) fait part de sa profonde inquiétude après l’annonce du verdict de la Cour d’appel d’Al-Hoceïma, qui a multiplié par quatre la peine initiale du directeur du site de Badil.info. Cette inquiétude est d’autant plus grande qu’Hamid El Mahdaoui doit faire face à un deuxième procès pour “atteinte à la sûreté de l’État” et qu’il a entamé une grève de la faim.

Poursuivi pour « avoir incité à une manifestation interdite » le journaliste Hamid Al Mahdaoui a vu sa peine nettement revue à la hausse par la Cour d’appel d’Al-Hoceïma et a été condamné mardi 12 septembre à un an de prison ferme. Le 25 juillet dernier, il avait été condamné en première instance à trois mois de prison ferme et à une amende de 20.000 dirhams (1 800 euros). Peu après l’énoncé du verdict, sa femme, Bouchra El Khounchafi, a annoncé que son mari avait commencé une grève de la faim pour “dénoncer un procès inéquitable, la violation de la liberté d’expression et le non-respect des droits humains”.


“Un tel verdict est incompréhensible, dénonce pour sa part Reporters sans frontières. La cour qui disposait de vidéos, avait en sa possession des preuves tangibles de son innocence. RSF appelle la justice marocaine à abandonner les charges qui pèsent sur Hamid El Mahdaoui et à libérer au plus vite un journaliste qui, en se trouvant au coeur des événements, n’a fait que son métier”.


Hamid El Mahdaoui a été arrêté le 20 juillet alors qu’il se trouvait à Al-Hoceïma, dans la région du Rif, pour couvrir une marche pacifique interdite quelques jours plus tôt par les autorités marocaines.


Poursuivi également pour « non-dénonciation d’un crime portant atteinte à la sûreté de l’État», le journaliste et directeur du site d’information Badil.info est appelé à comparaître devant la Cour de première instance de Casablanca. Son procès a été ajourné au 3 octobre. Pour ce chef d’accusation, il encourt une peine allant de deux à cinq ans de prison ferme. Contacté par RSF, l’avocat de la défense précise que les accusations du parquet qui reposent sur un appel téléphonique reçu par Hamid El Mahdaoui sont “absurdes”.


Le directeur de Badil.info s’est imposé comme une figure incontournable des réseaux sociaux. Connu pour ses prises de position critiques contre le pouvoir marocain et ses vidéos diffusées sur Youtube dans lesquels il commente l’actualité, Hamid Mahdaoui, a déjà fait l’objet d’une dizaine de plaintes notamment pour diffamation. En juillet 2015, il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis, une amende et des dommages et intérêts pour des articles révélant des actes de torture commis par la police contre le militant Karim Lachkar en mai 2014 dans un commissariat d’Al-Hoceïma. En juin 2016, il a de nouveau été condamné pour un article accusant le ministre de la Justice de percevoir des frais de missions surévalués.


Le Maroc figure à la 133ème place au classement mondial de la liberté de la presse 2017.