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16 décembre 2010 - Mis à jour le 25 janvier 2016

La justice britannique ordonne la libération conditionnelle de Julian Assange


L’appel des autorités suédoises contre la libération conditionnelle du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a été rejeté aujourd’hui par le juge Duncan Ouselay de la Haute cour de Londres, au terme d’une audience de 90 minutes. Le fondateur de WikiLeaks a été libéré en fin de journée, après avoir versé sa caution. Une nouvelle audience aura lieu le 11 janvier prochain afin de déterminer si M. Assange sera extradé vers la Suède. -------------------------------------------------------------------------------------------- 14.12.2010 Cette libération est conditionnée au versement d'une caution de 240 000 livres, soit plus de 280 000 euros, et au port d’un bracelet électronique. Le fondateur de Wikileaks sera assigné à résidence à Londres et devra respecter un couvre-feu de 10 heures à 14 heures, et de 22 heures à 2 heures. Placé sous contrôle judiciaire, il devra se présenter tous les jours au poste de police à 18 heures. Pourtant, Julian Assange reste pour le moment en prison. Les autorités suédoises ont fait appel de cette décision. La Cour suprême devrait examiner cet appel dans les 48 heures. --------------------------------------------------------------------------------------- Julian Assange en détention provisoire en Grande-Bretagne 07.12.2010 Le juge britannique Howard Riddle a refusé, le 7 décembre 2010, la remise en liberté conditionnelle du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, arguant que ce dernier pourrait s’enfuir s’il était relâché. M. Assange s’est opposé à son extradition vers la Suède. Une nouvelle audience aura lieu le 14 décembre prochain. Son avocat, Mark Stephens, a indiqué son intention de renouveler sa demande de libération conditionnelle. Julian Assange, de nationalité australienne, a reçu l’aide consulaire de son pays. De nombreuses personnalités britanniques, dont le réalisateur Ken Loach, ont proposé de participer au paiement de la caution demandée en cas de libération conditionnelle. Selon le quotidien The Independent, des discussions informelles entre Washington et Stockholm seraient en cours pour obtenir l’extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis, où il pourrait être poursuivi pour espionnage. Julian Assange avait déclaré, avant son arrestation, avoir pris les dispositions nécessaires pour garantir la poursuite des activités du site, au cas où il serait détenu. WikiLeaks continue en effet aujourd’hui de publier les télégrammes de la diplomatie américaine. Pendant ce temps, WikiLeaks est abandonné par ses prestataires de dons en ligne et voit ses ressources financières risquer de se tarir rapidement. Après la décision de PayPal de suspendre le compte du site, et la fermeture du compte de Julian Assange par la Banque postale suisse, MasterCard International et Visa Europe ont annoncé, le 7 décembre 2010, suspendre les paiements à l’attention de WikiLeaks. MasterCard se justifie en qualifiant "d'illégales" les activités du site. Visa Europe serait en train d’étudier si les activités de WikiLeaks contreviennent à ses règles de fonctionnement. Alors que la justice française refuse de se prononcer sur la suspension du site, à la demande de son hébergeur OVH, le Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) devrait se prononcer dans les jours qui viennent sur la faisabilité technique et juridique de l’interdiction du site. Une étude sollicitée par le ministre de l'Economie numérique, Eric Besson. ------------------------------------------------------------------------------------------- Appel à l'impartialité de la justice britannique après l'arrestation de Julian Assange 07.12.2010 Kenneth Clarke QC MP Secrétaire d’Etat à la Justice Ministère de la Justice 102 Petty France London SW1H 9AJ United Kingdom DX 152380 Westminster 8 Paris, le 7 décembre 2010 Monsieur le Secrétaire d’État, Alors que Julian Assange, le fondateur du site WikiLeaks, vient d’être arrêté par la police britannique, Reporters sans frontières vous demande de garantir le respect des droits de la défense malgré le climat d’extrême tension qui règne autour de cette affaire. La procédure doit porter spécifiquement sur les accusations d’ordre privé dont M. Assange fait l’objet en Suède. En aucun cas, il ne doit pas s’agir d’un procès par procuration des publications de WikiLeaks. M. Assange attend désormais sa comparution devant un juge qui devra statuer sur son extradition vers la Suède, et son maintien en détention ou sa remise en liberté. Si cette dernière option est retenue, il devra vraisemblablement s’acquitter d’une caution d'au moins 100 000 livres (120 000 euros) et fournir six garants pour éviter d'être placé en détention provisoire. L’un des avocats de M. Assange, Mark Stephens, a déclaré le 4 décembre à Reporters sans frontières qu’il fallait en général attendre une dizaine de jours entre l’émission du dernier mandat d’arrêt international et sa réception par la police britannique, sauf si M. Assange "faisait l’objet d’un traitement différent". Julian Assange s’est présenté de lui-même à la police, ce geste de bonne volonté doit être pris en compte lors de l’examen du dossier. Reporters sans frontières a condamné à plusieurs reprises les blocages, les cyber-attaques et les pressions politiques contre le site Wikileaks. C’est en effet la première fois que nous constatons une tentative de censure à échelle internationale d’un site dont la vocation première est la transparence. Nous demandons en conséquence à la justice britannique d’examiner le cas de M. Assange avec toute l’impartialité requise, et hors de toutes pressions gouvernementales extérieures. Les autorités de certains pays semblent vouloir obtenir la condamnation de M. Assange, ou à tout le moins empêcher la poursuites de ses activités, pour mettre un terme aux révélations de WikiLeaks, au mépris de la liberté d’information. Nous rappelons que WikiLeaks a fait œuvre utile en rendant publiques les violations gravissimes des droits de l’homme commises au nom de la “guerre contre le terrorisme” au cours de la dernière décennie. En vous remerciant de bien vouloir considérer notre requête, je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire d’État, l’expression de ma haute considération. Jean-François Julliard Secrétaire général de Reporters sans frontières