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26 mars 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La justice bahreïnie prononce une peine injuste contre un reporter-photographe


Reporters sans frontières exprime son indignation après la prononciation d’une peine de 10 ans de prison ferme contre Ahmed Humaidan le 26 mars 2014. Le photographe était officiellement poursuivi pour avoir attaqué le commissariat de police de Sitra le 8 avril 2012, alors qu’il n'était pas sur les lieux. Son procès, s’était ouvert le 12 février 2013.

“Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette sentence révoltante et exprimons toute notre solidarité avec ce photojournaliste et sa famille. Les autorités bahreïnies montrent une fois de plus leur mépris qu’elles font de la liberté de l’information. Nous demandons la libération immédiate et sans condition d’Ahmed Humaidan ainsi que celle de tous les reporters photographes détenus du fait de leurs activités professionnelles dans le pays,” déclare Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières.

Humaidan, âgé de 26 ans, croupit dans les geôles bahreïnies depuis le 29 décembre 2012. Après des mois de harcèlement continu par les forces de l’ordre, il a été emmené de force par une quinzaine d’officiers en civil dans un centre de détention où, menotté et les yeux bandés, il a subi pendant deux jours un interrogatoire, avant d’être placé en isolement complet les cinq jours suivants.

Il a déclaré à sa famille et à son avocat, avoir été victime de tortures psychologiques et de menaces de mort. L’avocat du photographe a demandé à plusieurs reprises l’ouverture d’une enquête indépendante sur les déclarations de tortures de son client, et exhorté les autorités pénitentiaires à autoriser un médecin à examiner l’état de santé d’Ahmed Humaidan, en vain.

Les autorités bahreïnies entendent museler à tout prix les voix dissidentes. Neufs professionnels de l’information sont détenus à ce jour tandis que deux autres font l’objet de poursuites judiciaires.