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6 janvier 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La famille Ben Brik entame une grève de la faim illimitée


Azza Zarrad, épouse de Taoufik Ben Brik, a déclaré à Reporters sans frontières, le 6 janvier 2010, à l’issue de sa visite hebdomadaire à son mari dans la prison de Siliana, l’intention de huit membres de sa famille d’entamer une grève de la faim illimitée pour dénoncer la détention du journaliste.




« Ses cinq frères, deux sœurs et moi-même entamons à compter de ce soir une grève de la fin illimitée. Ça ne peut plus durer. Il faut que le monde entier bouge (…). Quand les mots ne sont plus écoutés, les seules armes qui nous restent sont nos corps », a déclaré Azza Zarrad.




Reporters sans frontières appelle les autorités à entendre les demandes de la famille de Taoufik Ben Brik. En outre, l’organisation dénonce de nouvelles pressions policières sur les journalistes indépendants au cours des deux dernières semaines.




« Les méthodes utilisées sont pernicieuses, visant à isoler totalement les journalistes de l’étranger. Privés de connexions Internet ou dans l’impossibilité de recevoir des appels téléphoniques de l’étranger, les journalistes tunisiens sont totalement coupés du monde », estime Reporters sans frontières.




La surveillance est montée d’un cran supplémentaire le mardi 5 janvier, à l’occasion de la grève de la faim organisée par le Comité tunisien de protection de journalistes en solidarité avec Taoufik Ben Brik et Zouhaïer Makhlouf, actuellement incarcérés. « Je suis suivi en permanence, dans le moindre de mes mouvements, depuis dimanche », a déclaré Lotfi Hajji à Reporters sans frontières.




En outre, le 31 décembre au soir, alors qu’il rentrait chez lui, le journaliste Slim Boukhdhir a été poursuivi par des policiers en civil. « Ils attendent que je sois seul, sans témoin, pour m’enlever, comme le 28 octobre dernier. D’ailleurs, j’ai reconnu un des hommes. Depuis le 29 octobre, je suis en permanence contrôlé », a déclaré le journaliste à Reporters sans frontières. En outre, la somme d’argent envoyée le 30 décembre par Reporters sans frontières, via Western Union, à Slim Boukhdhir, a été retirée le 31 décembre depuis Tunis, par une autre personne que le destinataire.




Le 30 décembre, Neji Bghouri, journaliste au quotidien gouvernemental La Presse et secrétaire général du Syndicat des journalistes tunisiens (cf CP du mois d’août), a été empêché d’accéder aux bureaux de sa rédaction par plusieurs agents de la police politique qui invoquaient des “instructions“. Il a fallu l’intervention de plusieurs de ses collègues pour que les policiers le laissent passer. Le 31 décembre, un dispositif policier avait été mis en place sur l’autoroute menant de Tunis à Kairouan, afin d’empêcher Neji Bghouri de se rendre à Kairouan où il était attendu pour donner une conférence. Il a dû renoncer et regagner Tunis.




Le 28 décembre, le correspondant de Radio Kalima à Gabès (400km au sud-est de Tunis), Moaz Jemai, alors qu’il était à Tunis, a été suivi. Alors qu’il dînait au restaurant, il s’est fait voler ses papiers d’identité, son matériel professionnel et son salaire de 1500 dinars (800 euros) par une personne qu’il suspecte comme travaillant pour la police politique. Alors qu’il est allé porter plainte pour vol, le policier qui l’a reçu lui a clairement fait comprendre que tous ses effets lui seraient rendus dès le lendemain, avec en plus une somme d’argent importante, à condition qu’il cesse sa collaboration pour Radio Kalima. Comme il a exprimé son refus, Moaz Jemai est sans papiers.




Mouldi Zouabi, correspondant de Radio Kalima à Jendouba (150 km au sud-ouest de Tunis), a été convoqué à la police à de nombreuses reprises, et des policiers ont exercé des pressions afin que son fils soit exclu de l’école primaire dans laquelle il est scolarisé.