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1 février 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La décapitation du journaliste Kenji Goto par l’Etat islamique ne doit pas rester impunie


Reporters sans frontières est horrifiée par le nouvel acte de barbarie de l’Etat islamique. Le 31 janvier 2015, le groupe terroriste a mis en ligne une vidéo montrant la décapitation du journaliste Kenji Goto, capturé fin octobre 2014, alors qu’il tentait de couvrir le conflit tout en cherchant à retrouver Haruna Yukawa, un autre otage japonais. Ce dernier a été exécuté il y a une semaine.
La vidéo d’une minute intitulée “Message au gouvernement du Japon” a été diffusée sur Twitter et sur des sites soutenant l’Etat islamique. Dans une mise en scène similaire aux précédentes exécutions d’otages, un bourreau s’adresse directement au Premier ministre japonais Shinzo Abe, affirmant que l’exécution avait été décidée en représailles à l’implication du Japon à la guerre menée par la coalition internationale contre l’Etat islamique. Des négociations étaient en cours entre le gouvernement japonais, en collaboration avec la Jordanie, et l’Etat islamique, qui avait réclamé la libération de Sajida al-Rishawi, terroriste d’Al-Qaeda arrêtée et condamnée à mort par les autorités jordaniennes en 2005. L’Etat islamique avait repoussé son ultimatum au 30 janvier. Depuis lors, aucune nouvelle du journaliste Kenji Goto n’avait été envoyée. “Nous sommes profondément attristés par la mort de Kenji Goto. Nous adressons nos plus sincères condoléances à l’épouse, à la famille et aux proches du journaliste, déclare Lucie Morillon, directrice des programmes de Reporters sans frontières. Nous demandons à la communauté internationale de ne pas laisser ce crime impuni, ni les précédents. Nos pensées vont aujourd’hui également aux proches des autres otages assassinés, et en particulier James Foley et Steven Sotloff, visés pour leur mission d’information du public. L’indignation collective qu’ont exprimée publiquement de nombreux gouvernements depuis hier, ainsi que ces derniers mois, doit être suivie de mesures concrètes. Toutes les options possibles dans le cadre de la justice internationale doivent être explorées afin d’empêcher que ces actes odieux ne se reproduisent”. Le 30 janvier, Reporters sans frontières avait relayé le message de l’épouse de Kenji Goto, Rinko Jogo, demandant aux gouvernement jordanien et japonais de tout en mettre en oeuvre dans le cadre de leurs négociations avec l’Etat islamique, afin de garantir la remise en liberté de son époux. La Syrie figure au 177ème rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse, établi en 2014 par Reporters sans frontières.