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27 juillet 2017 - Mis à jour le 28 juillet 2017

La couverture de la crise de l’esplanade des Mosquées entravée par les forces israéliennes

esplanade des moquées (c) AFP
Accès interdits, intimidations, coups et même arrestation: les forces israéliennes multiplient les obstacles pour limiter voire empêcher la couverture des manifestations et des affrontements liés à la crise de l’esplanade des Mosquées.

Depuis le début de la crise de l’esplanade des Mosquées le 14 juillet dernier, au moins dix journalistes et photographes palestiniens ont été blessés lors des affrontements opposant des manifestants et des forces de l’ordre israéliennes à Jérusalem ou Bethléem. Parmi les cas répertoriés par RSF, quatre journalistes ont été directement frappés par les policiers israéliens ou visés par des grenades assourdissantes ou de gaz lacrymogène. Afif Amera travaillant pour l’agence , Wafa a notamment été touché au torse tandis que Fatima al Bakri, journaliste pour la chaîne palestinienne Al Quds a été légèrement blessé à la tête.


Leur confrère Faiz Abu Rmeleh, photographe pour l’agence turque Anadolu et le collectif de photographes Active Stills, a pour sa part été violemment pris à parti par les soldats israéliens, lors d’une manifestation le 25 juillet dernier. Une vidéo mise en ligne par Active Stills montre son interpellation musclée. La journaliste Fatima al Bakri qui était à ses côtés témoigne: “les policiers israéliens l’ont frappé pour qu’il arrête de filmer la répression des manifestants”. “Faiz était en train de photographier. Plusieurs policiers se sont positionnés devant lui pour lui barrer la vue puis ils se sont emparés de lui. Simplement parce qu’il était en train de continuer à prendre des photos” confirme Peter Beaumont, le correspondant du Guardian à Jérusalem, sur le site de +972 . Le magazine en ligne a également recueilli le témoignage de Faiz Abu Rmeleh, qui explique avoir été battu alors qu’il était emmené dans un véhicule de la police, malmené et interrogé de façon humiliante pendant plusieurs heures et maintenu en détention jusqu’à quatre heures du matin.


“La liberté de la presse doit être préservée même dans un contexte de mesures sécuritaires renforcées, déclare Reporters sans frontières. Un pays démocratique ne peut décider d’interdire l’accès des zones de tension aux journalistes de peur d’une couverture négative et doit faire une différence entre les professionnels des médias, les manifestants et les fauteurs de trouble.”


De son côté, l’Association des journalistes étrangers (FPA) s’est indignée de l’absurdité des mesures des autorités israéliennes. Des journalistes dûment accrédités par les autorités israéliennes se sont vus interdire l’accès de certains sites dans la vieille ville, alors que des touristes munis de smartphones et de caméras pouvaient eux librement filmer les manifestations. “Cela ressemble à une nouvelle forme, inventive, de censure - ce qui est surprenant dans un pays qui se targue d’avoir une presse libre”, a déclaré la FPA.


Ces derniers incidents ont conduit le Syndicat des journalistes palestiniens à appeler, mercredi 26 juillet, à la création d’un comité international pour enquêter sur le comportement des forces de sécurité israéliennes qui, selon eux, visent délibérément les journalistes couvrant les événements de Jérusalem.



Menace de fermer les bureaux de la chaîne Al Jazeera


Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu a par ailleurs profité des affrontements dans la vieille ville de Jérusalem pour réitérer son souhait de faire fermer les bureaux d’Al Jazeera à Jérusalem, reprochant à la chaîne qatarie de “continuer d’inciter à la violence autour de l’esplanade des Mosquées”.


Sur sa page Facebook, le chef du gouvernement israélien a précisé que si le cadre juridique actuel empêchait la fermeture de la chaîne qatarie, il veillera à faire adopter une législation qui permettra de le faire.


Israël est 91ème au classement mondial de RSF de la liberté de la presse 2017.