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11 septembre 2017 - Mis à jour le 13 septembre 2017

​La correspondante de TV5 sous pression au Togo

Manifestations de l'opposition au Togo, 6 septembre 2017, AFP/PIUS UTOMI EKPEI


Alors qu’un vaste mouvement de contestation populaire anime la capitale Lomé depuis le 9 août, les autorités ont coupé la 3G depuis le début de la semaine dernière et du 7 au 10 septembre, les communications internet étaient également inaccessibles. Les services reviennent lentement à la normale. Certains journalistes sont pour leur part sujets à des intimidations visant à les empêcher de couvrir ces manifestations.


Dernier exemple en date, le retrait d'accréditation, le 6 septembre, et les menaces contre la correspondante de TV5 Monde et France 24 au Togo, Emmanuelle Sodji. Cette décision fait suite à plusieurs courriers envoyés à TV5Monde par le ministère de la Communication togolais se plaignant du travail de la journaliste et menaçant de couper le signal de la chaîne si celle-ci continuait ses reportages sur le Togo. La journaliste demeure à ce jour accréditée pour France 24.


Depuis plusieurs semaines, Emmanuelle Sodji couvre pour TV5 Monde et France 24 les manifestations de rues qui agitent le Togo, ainsi que la répression qui s’en est suivie. Selon les autorités togolaises, les images de gendarmes arrêtant des passants habillés en rouge (couleur du parti d’opposition) ou la répression des manifestations sont “fausses” et auraient été tournées ailleurs qu’au Togo. Les autorités reprochent même à la journaliste ses reportages où elle donne la parole aussi bien aux partisans du régime qu’aux opposants, au prétexte qu’elle n’aurait dû couvrir que les manifestations de soutien au régime. La journaliste a subi plusieurs menaces, afin qu’elle arrête de couvrir les marches de l’opposition, jusqu’à des propositions d’argent pour “inverser” les informations contenues dans son papier.


“Ces tentatives de contrôler la ligne éditoriale des médias ainsi ques les intimidations très préoccupantes contre les journalistes sont inadmissibles, déclare Clea Kahn-Sriber responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Il s’agit là d’une grave ingérence des autorités togolaises dans la liberté de l’information. Nous demandons aux autorités congolaises de laisser les médias faire leur travail afin d’informer la population sur les enjeux actuels du Togo.”


D’autres journalistes ont fait l’objet d’agressions ou d’intimidations depuis le début de cette contestation populaire. Plusieurs d’entre eux ont été insultés notamment sur la Toile, certains internautes appelant même à leur mise à mort sur les réseaux sociaux.


Le Togo occupe la 86ème place au Classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse.