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19 février 2021 - Mis à jour le 22 février 2021

Khaled Drareni, le symbole de la liberté de la presse en Algérie, enfin libre!

Reporters sans frontières (RSF) exprime son immense joie et son soulagement après la libération de son correspondant Khaled Drareni et remercie tous ceux et toutes celles qui se sont mobilisés pour lui et en particulier son comité de soutien.

Le journaliste Khaled Drareni est sorti libre, ce vendredi 19 février, de la prison de Koléa, à l’ouest d’Alger, après 11 mois de détention. Comme des dizaines d’autres prisonniers d’opinion, le directeur du site d’information en ligne Casbah Tribune, et correspondant de TV5 Monde et RSF en Algérie, a bénéficié d’une grâce accordée par le président Abdelmadjid Tebboune.  A quelques jours du deuxième anniversaire du soulèvement populaire du Hirak, le chef de l’Etat algérien a annoncé, dans la soirée du 18 février, la libération d’une soixantaine de prisonniers politiques.

 

Nous ressentons une immense joie, malgré le goût amer d’une injustice de 11 mois, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. L’indépendance et le pluralisme du journalisme sont des conditions sine qua non pour une transformation positive de l’Algérie. Les grâces accordées par le président Tebboune vont indéniablement dans le bon sens après des pas en arrière. Khaled Drareni va pouvoir reprendre son travail pour une information libre et fiable.”

 

Christophe Deloire et l’’ensemble des équipes RSF remercient tous ceux qui se sont mobilisés auprès de l’organisation depuis le 29 mars, date de l’incarcération de Khaled Drareni et en particulier le comité de soutien.

 

Victime d’un acharnement sans précédent, Khaled a su résister avec son courage habituel, inspirant le combat pour la liberté de la presse dans la région”, a pour sa part salué le directeur du bureau de RSF à Tunis, Souhaieb Khayati.  Par ces grâces accordées le président Tebboune a su reconnaître l’évidence : Khaled Drareni est un journaliste intègre dont le travail ne porte pas atteinte à l’unité nationale, au contraire. Un débat pacifique est le meilleur garant de l’unité et de la crédibilité de l’Algérie.“

 

L’acharnement judiciaire dont Khaled Drareni a fait l’objet depuis près d’un an a fait de lui un véritable symbole pour la liberté de la presse en Algérie. Le journaliste a été arrêté une première fois pendant trois jours le 7 mars 2020. A peine 15 jours plus tard, le 27 mars, son contrôle judiciaire est annulé. Khaled Drareni est finalement arrêté deux jours plus tard, alors qu’il couvrait une manifestation du Hirak.  Il a été condamné en appel à deux ans de prison pour “incitation à une manifestation non autorisée” et “atteinte à la sûreté de l’Etat”. La Cour suprême d‘Alger devait examiner son pourvoi en cassation la semaine prochaine, le 25 février.

 

L'Algérie figure à la 146e place sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Le pays a perdu cinq places par rapport à 2019 et 27 par rapport à 2015.