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9 octobre 2020

Iran : RSF et le Centre des défenseurs des droits de l’homme en Iran demandent l’arrêt des exécutions capitales

A l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, Reporters sans frontières (RSF) et le Centre des défenseurs des droits de l’homme en Iran appelent les autorités iraniennes à mettre fin aux exécutions capitales qui visent notamment les prisonniers d’opinion, dont les journalistes.

RSF et le Centre des défenseurs des droits de l’homme en Iran appellent à la  mobilisation, notamment sur les réseaux sociaux avec le hashtag #notoexecution, pour dénoncer le recours à la peine capitale et sauver la vie des prisonniers d’opinion et des ournalistes iraniens.


L’exécution par pendaison du lutteur iranien Navid Afkari, 27 ans, le 12 septembre dernier, a provoqué un véritable tollé. Une quarantaine de membres du Conseil des droits de l’homme, des experts des droits de l'homme de l'ONU et l’Union eur           opéenne ont condamné ce que certains ont qualifié d’“exécution sommaire”. Navid Afkari avait été condamné pour homicide et pour  « moharebeh », la guerre contre Dieu - des accusations qu’il avait toujours niées.


Après la Chine, l’Iran est le deuxième pays au monde où ont lieu le plus d’exécutions. Basée sur la charia, la loi pénale islamique en Iran prévoit la peine de mort pour nombre de délits. Près de trente personnes croupissent actuellement en prison en attente de l’application de leur condamnation à mort. Parmi eux, le directeur de la chaîne Telegram AmadNews et le site d’information du même nom, Rouhollah Zam, dont la sentence a été prononcée le 30 juin dernier. 


« Actuellement, au moins une trentaine de prisonniers d’opinion sont en attente de leur exécution dans les couloirs de la  mort, déplore Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix et présidente du Centre des défenseurs des droits de l’homme (Defender of Human Rights Center, DHRC) en Iran. Cela fait des années que les Iraniens luttent pour l’éradication de la peine capitale du Code pénal. Aujourd’hui, il est urgent que la communauté internationale leur vienne en aide. »


Ces 20 dernières années, au moins une vingtaine de journalistes, de blogueurs et de journalistes-citoyens ont été condamnés à la peine capitale, et la République islamique reste aujourd’hui encore le pays au monde à avoir officiellement mis le plus de journalistes à mort ces 50 dernières années. Dans la foulée de la révolution islamique de 1979, une vingtaine de reporters proches du régime du Chah, comme Ali Asgar Amirani, Simon Farzami, Nasrollah Arman, ou des milieux proches de la gauche, comme Said Soltanpour et Rahman Hatefi-Monfared, ont été tués par un peloton d’exécution. 


Depuis 1979, l’Iran a exécuté des milliers d'hommes, de femmes dont une vingtaine de journalistes - tous ont été condamnés par des tribunaux inéquitables, dénonce le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Condamner à mort les prisonniers d’opinion, dont font partie les journalistes, revient à réprimer de la façon la plus extrême la liberté d’expression. Il est temps que la République islamique renonce enfin à ces châtiments cruels et d’un autre âge.”


L’Iran n’a jamais signé le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. Le pays a même voté contre toutes les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies qui ont suivi et qui réclamaient un moratoire sur le recours à la peine de mort.


L’Iran, qui a perdu trois places dans la toute dernière édition du Classement mondial de la liberté de la presse, se situe désormais à la 173e place sur 180 pays.