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13 octobre 2021

Iran : RSF dénonce le recours aux traitements cruels, inhumains ou dégradants contre les journalistes emprisonnés

Reporters sans frontières (RSF) exprime sa vive inquiétude face aux conditions de détention des journalistes en Iran, privés de leurs droits les plus élémentaires comme des soins médicaux indispensables et des visites et communications avec leurs familles.


Dénoncer ses conditions de détention en Iran a un prix. Les journalistes qui tentent de lancer l’alerte sur le fait qu’ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires en prison sont la cible de punitions arbitraires. Figure du journalisme iranien, le rédacteur en chef du mensuel Iran Farda et président de l’Association pour la défense de la liberté de la presse, Kayvan Samimi Behbahani, 73 ans, est emprisonné depuis le 7 décembre 2020 après avoir été condamné à une peine de prison pour "propagande contre le régime. Dans un message audio envoyé depuis la prison d’Evin où il est enfermé, il dénonce les mesures punitives dont il est victime : depuis février, il est privé de son droit de visite et ne peut plus téléphoner à sa famille. ”Onze de mes codétenus et les amis qui m'aident à contacter ma famille sont menacés”, affirme-t-il. Par ailleurs, le régime refuse d’aménager sa peine comme le prévoit pourtant la loi pour les prisonniers âgés qui ne peuvent pas supporter les conditions de détention.


Autre journaliste victime de ces méthodes punitives : Alieh Motalebzadeh. Le 7 septembre dernier, la photojournaliste et vice-présidente de l’Association pour la défense de la liberté de la presse, a été interdite de visite et n’a plus pu communiquer avec sa famille. “Elle a été punie pour deux mois par les administrations de la prison d’Evin pour avoir dénoncé publiquement, avec d’autres détenus, la situation sanitaire liée au coronavirus dans la prison”, avait ainsi répondu à son mari un responsable de la prison. La journaliste purge une peine de trois ans de prison ferme depuis le 11 octobre 2020, pour “réunion et complot contre la sécurité nationale”.   


Les autorités iraniennes utilisent d’autres formes de pression sur les professionnels des médias enfermés, comme les privations de soins. Le journaliste indépendant et membre de l’Association des journalistes indépendants de Téhéran, Khosro Sadeghi Borjeni, plusieurs fois victime de malaises, est ainsi privé de soins médicaux depuis deux mois. La clinique de la prison lui donne des médicaments à base de corticoïdes qui, selon ses proches, dégradent sa santé alors que les autorités pénitentiaires refusent de le faire examiner dans un hôpital extérieur. 


« RSF fait part de sa plus grande inquiétude face à la situation des journalistes emprisonnés en Iran, déclare le responsable du bureau Iran/Afghanistan de RSF, Reza Moini. En vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques - auquel l’Iran a adhéré - la mise en danger de la vie des détenus, la privation de soins médicaux, du droit de visite et l’isolement constituent des violations des textes sur l’interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants. »


L’Iran se situe à la 174e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2021 de RSF