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6 septembre 2019

Irak : Une dizaine de journalistes sur une liste noire

Une liste noire de journalistes et défenseurs des droits de l’Homme, accusés de “normaliser les relations avec Israël”, circule depuis quelques jours en Irak via des sources anonymes qui menacent de révéler leurs informations personnelles. Cette liste représente une véritable atteinte à la sécurité des personnes ciblés. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ce cyber-harcèlement et appelle les autorités irakiennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour trouver les responsables et protéger chacun des journalistes visés.

Depuis lundi 2 septembre, une liste de quatorze journalistes, blogueurs et analystes de l’IWPR (Institute for War and Peace Reporting), une ONG financée en partie par des fonds américains, circule via des comptes anonymes sur les réseaux sociaux, les accusant d’oeuvrer pour “la normalisation avec Israël” et de travailler “uniquement pour l’argent”.

Parmi les noms cités figurent Omar Al-Shaher (journaliste), Ali Wajeeh (journaliste), Jumana Mumtaz (journaliste), Hisham Al-Shami (analyste), Ahmad Falah (artiste satirique), Saqar Al-Zakaria (blogueur), Shojaa Al-Khafaji (blogueur), Hussein Ali (blogueur), Steven Nabil (blogueur), Ridha Al-Shamari (journaliste), Mustafa Al-Sofi (blogueur) et Omar Mohammed (blogueur) ainsi que les deux pages Facebook Iraq Eye et Clean Brothers.

Selon le Journalistic Freedom Observatory (JFO), un autre compte Facebook a publié une liste de journalistes différente en les accusant de travailler pour Israël, en révélant leurs adresses personnelles et en incitant ses abonnés à alimenter la liste avec d’autres noms.

Nous appelons les autorités irakiennes à assurer la protection de ces journalistes et blogueurs désignés comme des ennemis de l’Irak, réagit Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). La diffusion de leurs noms et de leurs photos les expose aux menaces et doit être prise très au sérieux”.

Dans une lettre adressée au premier ministre, l’un des journalistes ciblés, Ali Wajeeh, s’interroge sur l’existence d’une “directive” au sein des instances dirigeantes pour appeler à les tuer et demande au chef de l’exécutif de “revendiquer clairement” ces attaques ou de les “condamner” dans le cas contraire.

La diffusion de cette liste noire coïncide avec la fermeture des bureaux de la chaîne Al-Hurra, sanctionnée pour avoir diffusé un reportage sur la corruption dans les institutions religieuses, et les menaces reçues par un journaliste qui y apparaît : Mohammed Raheem.

L’Irak occupe la 156e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.