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9 juillet 2019

Irak : un journaliste menacé de mort

Un journaliste irakien a retrouvé des menaces de morts taguées sur les murs de son domicile. Reporters sans frontières (RSF) condamne ces pressions destinées à intimider un journaliste d’investigation et demande aux autorités d’assurer sa protection.

“On veut du sang”... Ce sont les mots que le journaliste irakien Haidar Al-Hamdani, qui travaille pour des médias locaux, dont NRT TV, a retrouvé le samedi 5 juillet, sur la porte de son domicile situé dans le gouvernorat de Muthanna, dans le sud-est du pays. Au-delà de cette phrase, qui est habituellement utilisée par les tribus irakiennes en cas de meurtre parmi leurs membres, le journaliste a aussi été la cible de harcèlement sur les réseaux sociaux et a été poursuivi par des voitures non-identifiées. 

Ces intimidations surviennent depuis que le journaliste a partagé des publications, sur sa page Facebook, sur la corruption et le dysfonctionnement des services publics dans la province de Muthanna. Selon lui, c’est un groupe contrôlant les investissement de Samawah, capitale de la province, qui serait à l’origine des menaces. Une enquête a été ouverte. 

Dans une vidéo, Haidar Al-Hamdani affirme que son seul tort est d’avoir parlé de la question des déchets et du manque d’électricité dans les rues de la ville. Pour sa sécurité et celle de sa famille, il a été contraint de déménager rapidement.

Interrogé sur la chaîne locale Al-Rasheed, le journaliste affirme que les forces de sécurité sont en contact avec lui sur les développements de l’affaire, mais il dénonce la lenteur du système judiciaire irakien dans le traitement des crimes commis contre les journalistes. Contacté par RSF, Haidar Al-Hamdani a par ailleurs assuré que si les menaces avaient cessé, le risque était toujours élevé.

Le fait qu’un journaliste fasse une fois de plus l’objet de telles pressions et intimidations pour simplement avoir traité de la thématique de la corruption est inadmissible, dénonce le bureau Moyen-Orient de RSF. Les autorités irakiennes doivent réellement tout mettre en oeuvre pour assurer la sécurité de Haidar Al-Hamdani, lui permettre de poursuivre son travail journalistique d’intérêt général et empêcher que cela se reproduise.

Dans un communiqué, l’Observatoire des libertés journalistiques a rappelé que les journalistes s’exposent à un réel danger lorsqu’ils enquêtent sur des affaires de corruption administrative et financière en Irak. Un mois plus tôt, Nabil Jassim était menacé pour les mêmes raisons.

L’Irak se trouve à la 156e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2019, publié par RSF.