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8 janvier 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

Intimidations et répression des journalistes s’invitent dans les élections en Iran


Après l’arrestation d’un journaliste, la suspension d’un quotidien réformateur, et les convocations de plusieurs journaliste, Reporters sans frontières (RSF) condamne une nouvelle fois les pressions exercées par les autorités iraniennes à l’encontre de la presse.

A deux mois des élections législatives, les autorités iraniennes ont mis en place une sorte de repression préventive, à grands renforts d’arrestations, de suspensions de journaux et d’intimidations à l’encontre des médias et des journalistes.

Depuis le 2 novembre 2015, les reporters Afarine Chitsaz, du quotidien Iran, Ehssan Mazndarani, directeur du quotidien Farhikhteghan, Saman Safarzai, du mensuel Andisher poya et Issa Saharkhiz, journaliste indépendant de renommée, sont toujours détenus. Selon les informations recueillies par RSF, plusieurs autres journalistes ont été convoqués, interrogés et deux d’entre deux placés en détention par la section du renseignement des gardiens de la révolution.

Le 3 janvier 2016, Mizan, le site officiel de la justice iranienne, a annoncé la suspension du quotidien réformateur Bahar, « pour publicité contre le régime et publications d’articles mettant en question le fondement de la république islamique.» Le journal avait déjà été suspendu le 10 novembre 2013, après la publication d’un article qualifié d’insulte envers l’islam.”

Enfin, le même jour, Farzad pourmoradi, collaborateur de plusieurs médias et notamment du site d'information Kermanshah post et du Navai vaghat a été arrêté à son domicile, après une perquisition d’agents en civil. Sa famille ignore toujours le motif de cette arrestation et son lieu de détention. Le journaliste avait ouvert une page Corbeaunews sur l’application web Telegram, une messagerie instantanée utilisée comme réseau social. Ce canal, consacré aux informations locales de la province de Kermanshah et notamment aux conditions d’organisation des élections, s’était attiré dès le premier jour les foudres des médias conservateurs proches des gardiens de la révolution.

Avec 37 journalistes et citoyens- journalistes emprisonnés,l’Iran est toujours l’une des cinq plus grandes prisons du monde pour les professionnels de l’information. Le pays est classé 173e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2015 de Reporters sans frontières.