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15 septembre 2020

Intervention de RSF sur les violations de la presse dans le contexte du Covid-19 au Conseil des droits de l'Homme

Crédit : AFP
Dans une déclaration au conseil des droits de l'homme en présence de Michelle Bachelet la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Reporters sans frontières (RSF) a condamné mardi 15 septembre 2020, les nombreuses atteintes au droit des médias qui se sont produites dans plus d’un tiers des Etats membres de l’ONU à l’occasion de leur couverture de la crise sanitaire et rappelé que ces violations mettent en danger la santé de tous. RSF a appelé à libérer tous les journalistes emprisonnés à l’occasion de la pandémie dont la vie est menacée par le virus et exhorté les gouvernements à cesser toute intimidation à l'égard de la presse.

Madame la Haut Commissaire,


Reporters sans frontières (RSF) vous remercie et exprime sa profonde inquiétude quant aux conséquences de la pandémie de Covid-19 sur la liberté de la presse dans le monde.


De nombreux gouvernements ont pris pour cible ceux dont le travail consiste à informer le public, par des attaques physiques et verbales contre les journalistes, des détentions arbitraires, des intimidations ou des retraits d'accréditation. 


Du début de la pandémie au 29 juin, RSF a enregistré des violations du droit des médias à couvrir la crise du Covid-19 dans pas moins de 90 États des Nations unies. Les gouvernements doivent cesser de "blâmer le messager”. Nous les appelons à prendre des mesures pour protéger la liberté de la presse et permettre aux journalistes de fournir des informations fiables, car le journalisme peut sauver des vies.


En effet, une information fiable sur la pandémie est essentielle pour que les citoyens et les sociétés puissent se protéger. Les violations du droit de la presse dans le contexte de la pandémie sont des violations directes du droit à la santé et doivent être condamnées en tant que telles.


RSF appelle tous les Etats à libérer tous ceux qui sont détenus pour avoir simplement exprimé des opinions critiques ou dissidentes, et dont la détention dans le cadre de la pandémie met leur vie en danger. A ce titre, nous demandons une fois de plus au Royaume-Uni la libération immédiate de Julian Assange  dont l'état de santé est extrêmement préoccupant  comme en a attesté le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, ainsi que celle du journaliste Amadou Vamoulke au Cameroun. 


Enfin, nous demandons au Conseil des droits de l'homme d'exiger une enquête indépendante sur les causes du décès du journaliste saoudien Saleh al-Shehi et du journaliste égyptien Mohamed Monir, dont la mort serait due à la contraction du virus en détention.


Je vous remercie.


Déclaration orale délivrée par Isabel Amosse, responsable du plaidoyer à RSF