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13 mars 2019

Impunité des crimes contre les journalistes au Mexique: RSF annonce avoir saisi la Cour pénale internationale

VINCENT JANNINK / AFP
Lors d'un entretien officiel avec le secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Alejandro Encinas, ce mardi 12 mars 2019 à Mexico, le secrétaire général de RSF Christophe Deloire a annoncé avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) des crimes commis contre les journalistes au Mexique entre 2006 et 2018.

A l’occasion d’un entretien avec le secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme du Mexique Alejandro Encinas, ce mardi 12 mars 2019, le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire a fait part des très graves inquiétudes de l’organisation quant à la permanence des violences et des assassinats perpétrés contre les journalistes dans le pays, qui demeure l’un des plus dangereux du monde pour la profession. RSF a exhorté les autorités mexicaines à placer la justice en état d’urgence, à mettre en oeuvre sans délai un plan ambitieux de lutte contre l’impunité et à respecter les obligations internationales du Mexique s’agissant de la protection des journalistes.


RSF a annoncé à Alejandro Encinas avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI), lundi 11 mars, des crimes commis contre les journalistes au cours des mandats des présidents Felipe Calderon (2006-2012) et Enrique Peña Nieto (2012-2018). La communication, préparée conjointement avec l’organisation mexicaine CIC Propuesta Cívica, partenaire de RSF, vise 116 crimes commis sur la période contre les journalistes en raison de leurs fonctions, à savoir 102 assassinats et 14 disparitions forcées. La saisine démontre qu’il s’agit de crimes contre l’humanité qui relèvent de l’article 7 du Statut de Rome, qui fonde la compétence de la CPI.


RSF souhaite que cette communication à la CPI, qui demande à la procureure d’ouvrir une enquête préliminaire sur la situation dans le pays, permette d’appuyer les efforts de la nouvelle administration dans la lutte contre l’impunité, dans une logique de complémentarité de la justice internationale à la justice nationale. L’organisation a appelé le président Lopez Obrador à saisir lui-même la CPI pour compter avec son analyse et sa contribution dans la réalisation du plan d’urgence pour la justice.


Lors d’une conférence de presse organisée après l’entretien, en présence d’Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de RSF, de Balbina Flores, représentante de l’organisation au Mexique, et de Sara Mendiola, directrice du CIC Propuesta Civica, le secrétaire général de RSF a expliqué souhaiter le lancement d’un plan d’urgence pour la sécurité des journalistes au Mexique : « le mandat du président Lopez Obrador doit être marqué par des réformes profondes afin de favoriser la lutte contre l’impunité des crimes contre les journalistes, améliorer l’efficacité du Mécanisme de protection y compris dans les Etats les plus difficiles du pays, afin que les journalistes puissent travailler librement et ainsi rendre compte de toutes les informations utiles pour les citoyens mexicains et pour le pays lui-même.”


Le Mexique est classé au 147e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF.