Actualités

2 mars 2020 - Mis à jour le 3 mars 2020

Hong Kong : RSF dénonce l’arrestation injustifiée du magnat de la presse Jimmy Lai

PHOTO: ISAAC LAWRENCE / AFP
Reporters sans frontières (RSF) condamne l’arrestation injustifiée du magnat de la presse hongkongais Jimmy Lai, fondateur et PDG du groupe Next Digital, qui vise clairement à discréditer les médias qu’il publie.

Le magnat de la presse pro démocratie Jimmy Lai, 71 ans, a été arrêté à son domicile vendredi 28 février et relaxé le même jour sous caution. Les autorités hongkongaises lui reprochent d’avoir participé le 31 août dernier à un rassemblement non autorisé contre le projet de loi d’extradition, un texte qui aurait permis l’extradition en Chine de résidents ou de visiteurs, dont les journalistes et leurs sources. Le projet, abandonné depuis, avait déclenché une vague de manifestations sans précédent à Hong Kong.


Jimmy Lai, fondateur et PDG du groupe Next Digital, qui publie le quotidien à grand tirage Apple Daily, devra se présenter à la cour le 5 mai, tout comme deux autres vétérans du camp pro démocratie arrêtées le même jour.  Il a aussi été inculpé « d’intimidation » à l’égard d’un journaliste du groupe de presse prochinois Oriental Daily, avec lequel il avait eu une altercation verbale en juin 2017.


Reporters sans frontières (RSF) condamne cette arrestation tout à fait abusive et qui vise clairement à discréditer l’éditeur et les médias qu’il publie.


« Rien ne justifie les charges retenues contre Jimmy Lai pas plus que l'humiliation que représente une arrestation à domicile comme s'il s'agissait d'un criminel, insiste Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF). « Ce geste vise à ternir l’image de l’éditeur et de son groupe de presse, qui a abondamment écrit sur les manifestations pro démocratie de l’an dernier. »


Next Digital, anciennement Next Media, est un des derniers groupes de presse hongkongais à oser critiquer ouvertement le régime communiste chinois et ses relais à Hong Kong, ce qui lui vaut d’être régulièrement la cible de harcèlement et d’agressions. En juin 2014, le groupe avait été victime d’une cyberattaque de grande ampleur. En janvier 2015, il avait aussi été visé par deux attaques à la bombe incendiaire, dont une au domicile de son fondateur.


Dans le classement mondial de la liberté de la presse, la région administrative spéciale de Hong Kong a chuté du 18e rang en 2002 à la 73e place en 2019. La Chine, pour sa part, est au 177e rang sur 180 pays et territoires évalués.