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26 mai 2020

Hong Kong : les mesures de « sécurité nationale » que compte imposer Pékin menacent les journalistes

PHOTO: ISAAC LAWRENCE / AFP
Reporters sans frontières (RSF) dénonce la décision prise par Pékin d’imposer à Hong Kong des mesures de « sécurité nationale » qui mettraient en danger les journalistes et la liberté de la presse sur le territoire.

L’Assemblée nationale populaire, le parlement chinois, doit adopter jeudi 28 mai une loi visant à « sauvegarder la sécurité nationale » qui autorisera Pékin à imposer à la région administrative spéciale de Hong Kong des mesures pour « stopper ou punir toute activité émanant de l’étranger et visant au séparatisme, à la subversion, l’infiltration et la destruction ». Il fait peu de doute que cette décision, en durcissant le contrôle du régime autoritaire sur l’ancienne colonie britannique en principe autonome jusqu’en 2047, lui permettra d’empiéter plus facilement sur les droits garantis par le principe « un pays, deux systèmes », dont la liberté de la presse.


L’an dernier, une série d’immenses manifestations pacifiques avait permis aux hongkongais d’obtenir de haute lutte l’abandon d’un projet de loi visant à favoriser les extraditions vers Pékin, qui représentait déjà une menace grave pour les journalistes et leurs sources.


« Si Pékin parvient à imposer cette loi sur la sécurité nationale, les résidents hongkongais ne pourront plus considérer la liberté de la presse ni la sécurité des journalistes comme garanties, s'inquiète Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui rappelle que « la sécurité nationale est l’argument le plus souvent invoqué par le régime chinois pour justifier l’emprisonnement de journalistes, pour certains à perpétuité, dans des conditions qui laissent craindre pour leur vie ».


Dans un rapport publié l’an dernier, l'Association des journalistes de Hong Kong (HKJA) dénonçait entre autres la restriction de l’accès aux informations publiques, la pression accrue sur les correspondants étrangers et les tentatives d’intimidation à l’encontre des annonceurs des médias indépendants. Dans un autre rapport publié en 2016, RSF dénonçait déjà les pressions physiques, économiques et judiciaires auxquelles sont confrontés les journalistes hongkongais.


Dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse, Hong Kong a chuté du 18e rang en 2002 au 80e rang cette année. La République populaire de Chine, première prison au monde pour les journalistes avec plus de 113 détenus, stagne pour sa part au 177e rang sur 180.