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16 avril 2021

Hong Kong : Jimmy Lai, le fondateur d'Apple Daily, condamné à un an et deux mois de prison pour “rassemblement non autorisé”

PHOTO: ISAAC LAWRENCE / AFP
Jimmy Lai, le fondateur du quotidien Apple Daily et lauréat du prix RSF pour la liberté de la presse 2020, a été condamné ce 16 avril par un tribunal de Hong Kong à un an et deux mois de prison pour deux cas de “rassemblement non autorisé”. Reporters sans frontières (RSF) demande sa libération immédiate et la fin de l’acharnement judiciaire à son encontre.

Jimmy Lai, 73 ans, fondateur du groupe de presse Next Digital et de son quotidien phare Apple Daily, lauréat du prix RSF pour la liberté de la presse 2020, a été condamné ce 16 avril à un an et deux mois de prison pour avoir "organisé” et "participé à” deux manifestations pro-démocratie “non autorisées” les 18 et 31 août 2019 à Hong Kong.


« Un an et deux mois de prison pour avoir participé à deux rassemblements pacifiques est une peine totalement disproportionnée qui met en évidence l’acharnement des autorités à faire taire Jimmy Lai, devenu un symbole de la liberté de la presse à Hong Kong », s’indigne le directeur du bureau Asie de l'Est de RSF, Cédric Alviani, qui appelle à « sa libération immédiate et l'abandon de toutes les charges qui pèsent contre lui, y compris celles pour lesquelles il encourt la réclusion à perpétuité. » 


Ce verdict s’inscrit dans une longue campagne de harcèlement judiciaire menée contre Jimmy Lai, détenu depuis décembre 2020. Le fondateur d’Apple Daily fait face à six autres chefs d’accusation, allant de « fraude » à « complicité d'entrave à l'exercice de la justice » en passant par « conspiration en vue de collusion avec les forces étrangères ». Cette dernière accusation lui fait encourir la prison à vie en vertu de la loi sur la sécurité nationale adoptée l’an dernier par le régime chinois.


Le 12 avril, dans une lettre écrite depuis sa cellule, Jimmy Lai a appelé les journalistes d’Apple Daily à « garder la tête haute » : « Il est de notre responsabilité de journalistes d'aspirer à la justice. Aussi longtemps que nous ne serons pas aveuglés par d'injustes tentations, aussi longtemps que nous ne laisserons pas le mal se frayer un chemin jusqu'à nous, nous remplirons nos obligations. »


Autrefois bastion de la liberté de la presse, Hong Kong est passée de la 18e place en 2002 à la 80e place au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF. La République populaire de Chine stagne pour sa part au 177e rang sur 180.