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19 mars 2021 - Mis à jour le 25 mars 2021

À Hong Kong et Macao, les journalistes de l’audiovisuel public censurés par leurs directions

PHOTO: Macau Photo Agency
Reporters sans frontières (RSF) dénonce les récentes ingérences éditoriales des dirigeants des groupes audiovisuels publics de Hong Kong et Macao et appelle les autorités des deux régions administratives spéciales à faire cesser ces attaques contre la liberté de la presse.

Ces dernières semaines, les dirigeants de Radio Television Hong Kong (RTHK) et Teledifusão de Macau (TDM) ont mis en place des dispositifs de censure faisant peser une menace sur l’indépendance éditoriale de leurs groupes respectifs. Le 10 mars, le comité exécutif de TDM a établi neuf directives enjoignant les journalistes à ne pas critiquer les autorités. Le jour suivant, le nouveau directeur des programmes de RTHK, Patrick Li, a ordonné pour sa part la déprogrammation d’une émission de débats politiques moins d'une heure avant sa diffusion.


« Ces mesures d'ingérence éditoriale réduisent la capacité des résidents de Hong Kong et de Macao à accéder à de l’information indépendante, un droit pourtant garanti par les Lois fondamentales des deux régions administratives spéciales », s’indigne le directeur du bureau Asie de l’Est de RSF, Cédric Alviani, qui appelle les chefs de l'exécutif de Macao, Ho lat Seng et de Hong Kong, Carrie Lam, « à faire respecter la liberté de la presse et ne plus plier aux pressions de Pékin pour censurer les médias. »


Lors d'une réunion le 10 mars, le directeur de l'information de TDM João Francisco Pinto et le directeur adjoint Gilberto Lopes ont ordonné aux journalistes, sous peine de licenciement, de « ne pas divulguer d'informations ni d’exprimer des opinions contraires » aux politiques des autorités et ont également exigé d’eux qu’ils se conforment au principe formulé par Xi Jinping selon lequel seuls des « patriotes » peuvent diriger Hong Kong. 


Le 11 mars, le nouveau directeur des programmes de RTHK, Patrick Li, un ancien bureaucrate sans expérience préalable dans les médias, a déprogrammé pour la deuxième fois depuis sa prise de fonction une émission de débats politiques à la dernière minute. RTHK est depuis l'an dernier la cible d’une véritable campagne de harcèlement de la part des autorités, menaçant dangereusement son indépendance.


Hong Kong, autrefois bastion de la liberté de la presse, est passée de la 18e place en 2002 à la 80e place au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF. La République populaire de Chine, stagne pour sa part au 177e rang sur 180.