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30 novembre 2021 - Mis à jour le 1 décembre 2021

Hong Kong : détenu depuis un an, le fondateur d’Apple Daily, Jimmy Lai, risque la prison à vie

PHOTO : ​​VERNON YUEN / AFP
Cela fait désormais un an que Jimmy Lai, fondateur du quotidien hongkongais Apple Daily et lauréat du prix RSF pour la liberté de la presse 2020, est détenu et risque la prison à vie en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par la régime chinois. Reporters sans frontières (RSF) appelle à sa libération immédiate.

Le 2 décembre 2021 marque l’anniversaire du placement en détention de Jimmy Lai, fondateur du quotidien hongkongais Apple Daily et lauréat du prix RSF pour la liberté de la presse 2020, poursuivi pour « fraude » dans le cadre d’une campagne de répression menée par le gouvernement hongkongais contre le journalisme indépendant. Jimmy Lai, qui aura 74 ans le 8 décembre, a déjà été condamné en mai à 20 mois de prison pour avoir pris part à des manifestations pro-démocratie “non autorisées” . Il fait aussi face à cinq autres chefs d’accusation, allant de « complicité d'entrave à l'exercice de la justice » à « conspiration en vue de collusion avec des forces étrangères ». Ces deux dernières accusations lui font encourir la prison à vie en vertu de la loi sur la sécurité nationale adoptée l’an dernier par le régime chinois.


« L’emprisonnement et le harcèlement de Jimmy Lai, qui n'a fait qu'exercer son droit de partager et de commenter des informations factuelles, montre la détermination de l’exécutif hongkongais à réduire au silence cette figure emblématique de la liberté de la presse », s’indigne le directeur du bureau Asie de l'Est de RSF, Cédric Alviani, qui appelle la communauté internationale à « accroître la pression sur le régime chinois pour qu’il libère Jimmy Lai ainsi que tous les journalistes et défenseurs de la liberté de la presse détenus. »


En juin, la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam s’est aussi servie de la loi de sécurité nationale pour mettre fin à l'existence d'Apple Daily, le plus grand média d’opposition en langue chinoise du territoire, et pour poursuivre 12 journalistes, dont 10 restent détenus. 


RSF a procédé à deux saisines d’urgence de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’appelant à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour sauvegarder la liberté de la presse à Hong Kong et obtenir la libération immédiate de Jimmy Lai. 


Dans un prochain rapport intitulé Le grand bond en arrière du journalisme en Chine, à paraître début décembre 2021, RSF révèle le système de censure et de contrôle de l’information instauré par le régime chinois et la menace que ce système représente pour la liberté de la presse et la démocratie dans le monde.


Autrefois bastion de la liberté de la presse, Hong Kong est passée de la 18e place en 2002 à la 80e place au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF publié en 2021. La République populaire de Chine stagne pour sa part au 177e rang sur 180.