Actualités

23 septembre 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Grâce présidentielle pour les journalistes d’Al Jazeera condamnés pour soutien au “terrorisme”


RSF se réjouit de l’annonce de la grâce présidentielle accordée à deux journalistes de la chaîne Al Jazeera, incarcérés depuis un mois. Ces derniers avaient été condamnés, fin août, à trois ans de prison pour soutien au terrorisme et pour diffusion de ‘fausses nouvelles’ sans autorisation.
C’est une bonne nouvelle pour les journalistes Al-Jazeera qui, en premier lieu, n’auraient pas dû être jugés ni emprisonnés, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient & Maghreb de RSF. Leur supplice prend fin bien qu’ils n’aient pas été innocentés. Cette annonce ne vient donc pas adoucir la réalité de la répression de la liberté de l’information en Egypte. D’autant que plus de vingt journalistes sont aujourd’hui injustement en prison pour des raisons liées à leur profession”. Le porte-parole de la présidence égyptienne Alaa Youssef a annoncé ce 23 septembre qu’une grâce présidentielle était accordée à 100 personnes, parmi lesquelles Mohamed Fadel Fahmy et Baher Mohamed. Cette grâce coïncide avec la fête musulmane de l’Aïd Al-Adha et la visite du président El-Sissi à New York pour la 70e Assemblée Générale des Nations Unies. Les deux journalistes et Peter Greste - jugé par contumace depuis son expulsion en février 2015 - avaient été condamnés le 29 août dernier à trois ans de prison à l’issue du verdict d’un second procès, après de nombreux reports. Arrêtés en décembre 2013, les trois journalistes de l’antenne anglophone d’Al-Jazeera étaient accusés de “soutien à une organisation terroriste” et de diffusion de “fausses nouvelles”. La chaîne qatarie, jugée trop favorable aux Frères Musulmans et décrétée “organisation terroriste” en décembre 2013, était dans le viseur des autorités égyptiennes depuis les soulèvements populaire en 2011. Avec au moins 20 journalistes derrière les barreaux en raison de leurs activités professionnelles, l’Egypte est l’une des plus grandes prisons du monde pour les professionnels des médias après la Chine, l’Erythrée et l’Iran. Le pays figure à la 158e place sur 180 du Classement mondial 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.