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4 janvier 2019 - Mis à jour le 5 janvier 2019

Gaza : le siège de la télévision officielle de l’Autorité palestinienne attaqué

(c) Palestine TV
Les locaux de Palestine TV, chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne, a été attaquée ce vendredi par des hommes non identifiés. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette exaction et demande que la lumière soit faite sur cette affaire.

Vendredi 4 janvier, un groupe d’hommes non identifiés a saccagé le bureau de Palestine TV, chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne, sans faire de blessés. Une grande partie du matériel a été détruit. L’attaque n’a pour le moment pas été revendiquée officiellement.

 

Cet assaut s’est déroulé alors que de nouvelles tensions ont éclaté en ce début d’année entre le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Fatah, présidé par Mahmoud Abbas qui est à la tête de l’Autorité palestinienne.  

Palestine TV avait cessé ses activités dans la bande de Gaza après la prise de contrôle de celle-ci par le Hamas à l'été 2007, mais y avait partiellement repris le travail en 2011.

 

“Nous demandons aux autorités palestiniennes compétentes d’identifier les coupables de cette exaction, déclare Sophie Anmuth, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF. Les journalistes doivent pouvoir travailler de manière indépendante et cesser d’être pris en étau entre les factions rivales dans la bande de Gaza.”

 

Le président de la radio et de la télévision officielle, Ahmad Assaf, a déclaré aux médias que “le Hamas portait l’entière responsabilité de la destruction”. Pour sa part, le directeur général du bureau d'information du Hamas, Salama Maarouf, a affirmé apporter son soutien à l’administration de la télévision palestinienne à Gaza et suivre l’enquête de près afin que les coupables soient identifiés.

 

Le porte-parole du gouvernement palestinien, Youssef al Mahmoud, dénonce quant à lui des “groupes fomenteurs de chaos” ou des “petits révolutionnaires”... sans préciser si il faisait référence par exemple aux partisans du Hamas, ou de Mohammed Dahlan.

 

Dans la bande de Gaza, les journalistes sont régulièrement victimes des dissensions entre les leaders palestiniens. Les intimidations contre les journalistes sont fréquentes : convocations et interrogatoires font partie de leur quotidien. Elles s’ajoutent aux exactions de l’armée israélienne : deux journalistes tués et de nombreux blessés ont été recensés pendant leur couverture des marches du retour, dans la bande de Gaza l’an dernier, pour lesquels RSF avait saisi la CPI - et les journalistes continuent d'être blessés par balles cette année. En Cisjordanie, les journalistes travaillent également sous pression. Une dizaine de journalistes palestiniens ont été arrêtés par l’armée israélienne l’an dernier en Cisjordanie. Les territoires palestiniens occupent la 135e place au Classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par RSF.