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29 août 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Fermeture du quotidien privé Hoy en Équateur


Le quotidien Hoy, média d’opposition au gouvernement de Rafael Correa, a été obligé de fermer suite à la liquidation financière de la maison d’édition dont il dépendait, Edimpres S.A., le 26 août 2014. Le journal avait auparavant suspendu sa version papier. Selon l’avocat de l’entreprise d’édition Edimpres dont dépendait le quotidien Hoy, aucune notification officielle concernant le processus de liquidation par la Superintendance des entreprises ne leur était arrivée. L’équipe a appris la nouvelle dans un article du quotidien public El Telégrafo daté du 22 août. Quatre jours plus tard seulement, l’entreprise a reçu l’interdiction de continuer ses opérations, ce qui signifiait la fin pour Diario Hoy. “La disparition d’un titre comme Hoy est regrettable et porte un coup au pluralisme en Équateur, déclare Camille Soulier, responsable du bureau Amériques de Reporters sans frontières. Nous sommes surpris par la rapidité du procédé. Les autorités n’auraient-elles pas pu trouver une solution pour sauver le journal? Indépendamment de la polarisation médiatique extrême dans le pays, la fermeture d’un média est toujours une perte pour la société civile et limite l’accès à des opinions variées.” Le 27 juin dernier, Hoy avait déjà annoncé la suspension de sa version presse en raison de problèmes financiers. Le directeur du quotidien avait rejeté la faute sur le boycott publicitaire de la part du gouvernement. À noter que le titre a régulièrement connu des difficultés économiques, et qu’il est difficile de juger du niveau de responsabilité de l’État. Quelques jours seulement après cette annonce, Hoy avait été condamné à une amende de 57 800 dollars américains par la Superintendance de communication (Supercom), soi-disant pour ne pas avoir publié le numéro de tirage sur la Une, comme requis dans la loi de communication. Si Reporters sans frontières ne considère pas que les médias sont au dessus de la loi, cette sanction est clairement abusive et l’organisation se dit choquée par le montant exorbitant de cette amende pour un quotidien déjà en difficulté. Certains médias publics et proches du gouvernement risqueraient également la faillite sans le soutien financier de l’État et des institutions publiques. La politique du gouvernement est à l’inverse d’exclure la presse critique, pour exemple : le président Correa appelant régulièrement ses ministres à ne pas donner d’interviews aux médias qualifiés de “mercantilistes”. La stratégie consistant en les priver de financement et d’accès à l’information constitue une entrave au pluralisme.