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3 avril 2018 - Mis à jour le 23 août 2019

Examen périodique universel de la Malaisie : RSF met en avant le durcissement du cadre législatif

Depuis cinq ans, la situation de la liberté de la presse en Malaisie a décliné, sous le gouvernement du Premier ministre Najib Razak (photo : AFP).
A l’occasion de l’Examen périodique universel (EPU) de la Malaisie par le Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations unies, Reporters sans frontières (RSF) a apporté sa contribution, qui déplore un inquiétant déclin de la liberté de la presse dans le pays depuis le dernier examen.

Loin d’avoir pris en compte les recommandations du CDH des Nations unies lors de son précédent EPU en 2013, le Premier ministre malaisien Najib Razak et son gouvernement renforcent, à l’approche des élections générales de 2018, leurs pressions à l’encontre des médias indépendants. La contribution complète de RSF pour la nouvelle session de l’EPU (voir documents joints) révèle notamment comment le cadre législatif, toujours aussi répressif, pousse les journalistes malaisiens à l’autocensure.


Dernier exemple en date, un nouveau projet de loi dit “anti-fake news” a été adopté par le Parlement ce lundi 2 avril. Il préconise une peine pouvant aller jusqu’à 6 ans de prison et / ou une amende de 500 000 ringgits malaisiens (environ 105 000 euros) pour toute personne ayant créé, publié, imprimé, diffusé ou partagé des “nouvelles, informations ou données fausses ou partiellement fausses” à propos de la Malaisie et de ses citoyens. Cette loi s’étend au-delà des frontières nationales et s’applique également aux médias étrangers.


Recommandations de RSF

  • Mettre fin aux poursuites pénales contre les journalistes et caricaturistes indépendants et libérer les journalistes détenus arbitrairement
  • Signer et ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques
  • Lever le blocage des sites d’information indépendants et garantir la liberté de la presse et la liberté d’expression en ligne
  • Abroger la loi sur la sédition de 1948 amendée en 2015
  • Abandonner le projet de loi sur les fausses nouvelles
  • Supprimer les peines de prison pour les délits de presse, en particulier la diffamation, ainsi que les amendes disproportionnées
  • Amender la loi sur la presse et les publications de 1948, en particulier les articles 3.3, 6.2, 9A, 13.1 sur la révocation et la suspension des licences d’exploitation, et l’article 13A, qui ne permet pas une décision en deuxième instance
  • Créer une entité de régulation des médias indépendant, pour que l’octroi et la révocation de licences ne soient plus sous le seul contrôle du gouvernement
  • Amender la loi sur le terrorisme et la loi sur le conseil national de sécurité de 2015 afin de protéger les journalistes de la mise en détention arbitraire et de l’arrestation sans mandat en cas d’état d’urgence
  • Abroger la loi sur les secrets d’Etat de 1972, qui punit les lanceurs d’alerte au lieu de les protéger

La Malaisie se classe à la 144ème place sur 180 pays dans le Classement mondial pour la liberté de la presse établi par RSF en 2017.