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12 mars 2018

Examen du cas de l’Iran par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies : la communauté internationale face à ses responsabilités

Les violations flagrantes de la liberté de la presse et des droits humains en République islamique d’Iran seront examinées par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies cette semaine. Reporters sans frontières (RSF) l’appelle à maintenir le régime sous surveillance internationale.

Le Conseil des droits de l’Homme des Nations débattra le 12 mars des recommandations de sa Rapporteure spéciale sur la situation des droits humains sur l’Iran. Dans son dernier rapport sur la table du Conseil , l’avocate pakistanaise Asma Jahangir, récemment décédée, dressait un constat particulièrement lucide et alarmant sur la politique et les pratiques du régime concernant la liberté de la presse et les droits humains. Sa conclusion: le renouvellement du mandat qu’elle assumait s’avère aussi justifié que nécessaire.


Malheureusement, la Rapporteure spéciale ne sera pas présente pour présenter son analyse aux quarante sept Etats membres du Conseil et résister aux assauts du régime. L’Iran a donné le ton en envoyant à Genève son ministre de la justice, Seyyed Alizera Avayi, l’une des principales figures de la répression politique, à ce titre inscrit sur la liste des 29 responsables du régime sanctionnés par l’Union européenne.


RSF ne se fait aucune sur l’objectivité du Conseil des droits de l’Homme, un organe politique intergouvernemental, souligne Reza Moini, responsable du bureau Iran, mais la présence à Genève d’Avayi, l’un des pires bourreaux du régime, vaut signature : le régime revendique ses pratiques liberticides, humilie un peu plus les victimes de ses actes et se moque des Nations unies.”


S’exprimant le 26 février à l’ouverture de la session du Conseil des droits de l’Homme juste avant le ministre iranien, le secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, soulignait à juste titre la gravité de la situation des droits humains en Iran, y compris de la liberté de la presse, et l’impunité totale en faveur de ses prédateurs.


Le régime iranien y bénéficiera pour sa part le 12 mars de la procédure contradictoire qu’il refuse aux journalistes et aux défenseurs des droits humains iraniens.


RSF attend du Conseil des droits de l’Homme qu’il récuse les provocations du régime et tire toutes les conséquences de l’une des pires situation au monde pour la liberté de la presse et les droits humains.


RSF appelle le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à maintenir le régime iranien sous surveillance internationale: il doit renouveler sans hésitation le mandat de rapporteur spécial sur l’Iran”, conclut Reza Moini.


L’Iran est classé 165e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporters sans frontières.