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19 octobre 2016 - Mis à jour le 20 octobre 2016

États-Unis : RSF se réjouit du rejet des accusations contre la journaliste Amy Goodman

Reporters sans frontières (RSF) est soulagé d’apprendre le rejet, par un juge du Dakota du Nord, des accusations de participation à une émeute pesant contre la journaliste Amy Goodman. L’animatrice de l’émission Democracy Now! avait été mise en cause pour sa couverture d’une manifestation anti-oléoduc le mois dernier. RSF rappelle que ces accusations n’auraient jamais du être portées en premier lieu contre une journaliste faisant simplement son travail.

Le mois dernier, l’animatrice et productrice de l’émission Democracy Now! avait été accusée de violation de propriété privée après avoir couvert une altercation entre des manifestants et des forces de sécurité employées sur le site de construction d’un oléoduc, le « Dakota Access ». Les images d’Amy Goodman montrant les heurts avaient été vues plus de 13 millions de fois sur Facebook et avaient été reprises par plusieurs médias, tels que CBS, NBC, NPR.org, CNN, MSNBC et le Huffington Post.


Vendredi dernier, les procureurs du Dakota du Nord ont abandonné les accusations de violation de propriété privée lancées contre la journaliste, mais l’ont accusée dans la foulée de participation à une « émeute », fait considéré comme un délit mineur. Lundi 17 octobre, le juge fédéral John Grinsteiner a rejeté ces dernières accusations, estimant qu’elles ne reposaient sur aucun fondement.


« Nous sommes soulagés que les accusations contre Amy Goodman aient été rejetées, mais elles n’auraient jamais dû être portées en premier lieu, a déclaré Delphine Halgand, la directrice du bureau américain de RSF. C’est inacceptable que le droit d’une journaliste de couvrir un évènement d’intérêt public majeur soit ainsi menacé par les autorités du Dakota du Nord. »


« Le rejet de cette tentative du procureur général de poursuivre une journaliste - en l’occurence, moi -, est une formidable affirmation du Premier amendement », a réagi Amy Goodman à la sortie du palais de justice devant des personnes venues la soutenir et des journalistes. « Le procureur général doit respecter la liberté de la presse et le Premier amendement. Violer le Premier amendement est quelque chose de néfaste pour le Dakota du Nord, c’est néfaste pour ce pays. »


Ce type d’arrestation de journalistes dans le cadre de la couverture de manifestations n’est pas un cas isolé aux Etats-Unis. En juillet dernier, au moins trois journalistes ont été arrêtés et accusés de “faire entrave à la voie publique” lors de rassemblements #blacklivesmatter à Baton Rouge (Louisiane) et à Rochester (New York). L’année dernière, plusieurs journalistes ont été arrêtés ou attaqués alors qu’ils couvraient eux aussi les manifestations #blacklivesmatter à Baltimore et Minneapolis.


Les États-Unis sont classés 41e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse pour 2016 établi par RSF.


Image credit: JIM WATSON / AFP